Logistique : Au sein de la Scapest qui approvisionne des magasins Leclerc, neuf jours de grève pour les salaires

Rédigé le 13/03/2026
par Chloé Bouvier, L'inFO militante

Les salariés de la Société coopérative d'approvisionnement Paris-Est, centrale d'achat pour 150 magasins Leclerc de la zone Nord-Est, avaient lancé en février une grève illimitée pour les salaires. Soutenus par la FGTA-FO, ils ont exigé une juste répartition de la valeur. Après neuf jours de blocage des sites, un accord a finalement été signé et des négociations s'ouvriront en avril.

Pendant neuf jours, les salariés de la Scapest (Société coopérative d'approvisionnement Paris-Est) ont été en grève à l'appel d'une large intersyndicale à laquelle a pris part activement FO. En bloquant et filtrant les passages des camions dans plusieurs sites près de Châlons-en-Champagne (Marne), la mobilisation pour les salaires a menacé l'approvisionnement de 150 magasins E. Leclerc. Un accord a finalement été signé avec la direction le 24 février. Les négociations reprendront au début du mois d'avril.

Une juste répartition de la valeur

Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), l'intersyndicale revendiquait une augmentation générale des salaires de 3% et des primes de partage de la valeur (PPV) à hauteur de 3000 euros. Mais la direction n'a proposé qu'une augmentation de 0,8% et 500 euros (puis 750 euros) de PPV. Des propositions totalement insuffisantes et déconnectées des attentes légitimes des salariés a répondu l'intersyndicale. Et celle-ci de préciser que ces propositions ne répondent aucunement à la perte de pouvoir d'achat qui perpétuent et aggravent les inégalités au sein de notre entreprise et qu'elles traduisent un mépris inacceptable pour l'investissement et la mobilisation quotidienne des équipes.

Cette proposition de la direction est largement insuffisante et vécue comme une absence totale de reconnaissance par les salariés, d'autant plus que, dans le secteur de la grande distribution, les augmentations se situent en moyenne autour de 1,3%, a dénoncé de son côté la FGTA-FO dans un communiqué de soutien au mouvement. Et la fédération d'ajouter : Cette situation est d'autant plus incompréhensible que l'entreprise affiche des résultats records. Alors que la valeur est produite chaque jour par l'engagement et les efforts des salariés, ces derniers ne peuvent se satisfaire d'un partage aussi limité.

Les salariés ne demandent qu'une juste répartition de la valeur, souligne ainsi Angélique Bruneau, secrétaire générale adjointe à la fédération. L'entreprise emploie plus de 600 salariés, dont la majorité est payée au Smic, rappelle FO.

La logique du bras de fer

A la Scapest, le dernier conflit lié aux salaires avait duré quatorze jours en 2022, provoquant d'importantes pénuries dans les rayons des supermarchés Leclerc de la région. La centrale approvisionnant les 150 magasins de la région Nord-Est, les opérations de filtrage des entrées et sorties des sites ont donc impacté toute la chaîne de distribution. La logique du bras de fer est plus simple à mettre en place dans la logistique puisque les conséquences sont très rapides et visibles, D'autant que dans la grande distribution, avec le rachat de certaines marques, les bases sont saturées. Donc le moindre blocage logistique revêt un véritable problème pour l'entreprise. Notamment en termes d'image publique.