Prévue par la loi de finances pour 2026, la revalorisation de la prime d'activité aura lieu au 1er avril. Trois millions de ménages seraient concernés par une hausse de 50 euros en moyenne par mois de cette prime. Alors que depuis 2019 les dépenses publiques pour cette prestation – de neuf à près de onze milliards d'euros par an – affichent un taux de croissance annuel moyen de 2,7%, la revalorisation induira un surcoût pour l'État de 700 millions d'euros. La prime, qui est non imposable et calculée sur la base de la composition du foyer et de ses ressources (avec un plafond de 1,5 Smic temps plein pour une personne seule), vise, selon le gouvernement, à compléter les revenus
, et à améliorer le niveau de vie
des travailleurs modestes (dès 18 ans, salariés ou indépendants).
57% de femmes
La prime d'activité (non prise en compte dans le calcul de la retraite ou du chômage) concernait en 2025 plus de 4,5 millions d'allocataires et, plus largement, couvrait près de 9 millions de personnes. Selon le ministère du Travail, en 2023, 56% des allocataires étaient des personnes seules sans enfant, dont 57% sont des femmes. En janvier, à l'annonce de la revalorisation, FO a rappelé le caractère pervers d'une prime financée par l'État (versée par les CAF et la MSA), gonflant artificiellement les bas revenus et sans que l'employeur ne soit sollicité sur le salaire versé. C'est en fait une trappe à bas salaires
, pointait le secrétaire général de la confédération, Frédéric Souillot. Or, c'est par les salaires qu'on doit arriver à vivre de son travail
, soulignait-il, appelant à leur vraie hausse, c'est-à-dire à une augmentation du salaire brut par les employeurs.


