Après l'accord trouvé fin février sur les ruptures conventionnelles, les interlocuteurs sociaux ont repris les discussions sur les contrats courts, autre volet des négociations sur l'Assurance chômage. La troisième séance s'est tenue le 17 mars au siège de l'Unédic.
Au fil des ans, les contrats courts se sont imposés comme une norme d'embauche. En 2024, 4,4 millions de CDI ont été signés pour 21,1 millions de CDD (dont 81% de moins d'un mois) et 20,7 millions de missions d'intérim. Les trois quarts des contrats sont des réembauches. «Or, pour FO, c'est le CDI qui doit rester la norme», rappelle Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l'emploi. Pour compenser, au moins en partie, la situation d'instabilité dans laquelle se trouvent les salariés, FO veut notamment étendre la prime de précarité à tous les contrats courts.
Une nouvelle date, le 9 avril
Le bonus-malus, qui permet de moduler le taux de cotisation chômage des employeurs en fonction du nombre de ruptures de contrats de travail, est aussi revenu sur la table. Le dispositif actuel s'est révélé inefficace pour lutter contre les abus. FO propose de l'adapter en le basant sur un taux de cotisation pivot, similaire à celui utilisé pour les accidents du travail. De son côté, le patronat s'est dit prêt à réfléchir à un système alternatif, mais sans élargissement à d'autres secteurs ni hausse des cotisations. Plus globalement, les employeurs poussent à toujours plus d'assouplissement des règles.
Si l'objectif est de faire mieux en faisant moins, se sera sans nous. La vraie question est plutôt de savoir comment mieux encadrer et réguler le recours aux CDD, pour améliorer la qualité et la stabilité de l'emploi
, prévient Michel Beaugas. Les négociations, qui devaient initialement finir le 25 mars, ont été prolongées jusqu'au 9 avril.


