Entre inflation, concurrence et polyvalence, la vie duraille des cheminots

Rédigé le 22/06/2026
par Thierry Bouvines, L'inFO militante

Pour alerter sur les conséquences sociales de l'ouverture à la concurrence et pour demander des augmentations de salaire compensant l'inflation, les cheminots ont massivement fait grève le 10 juin.

De meilleurs salaires et l'arrêt des réorganisations. Près de deux salariés sur trois de la SNCF étaient en grève le 10 juin à l'appel de plusieurs organisations syndicales, dont FO cheminots. Les réponses de la direction aux revendications devraient être connues lors d'une réunion prévue le 23 juin. La direction de la SNCF ne négocie plus pendant une grève, explique Daniel Ferté, secrétaire général de FO-Cheminots.

Les négociations salariales du début de l'année, qui n'ont pas abouti à un accord majoritaire, ont débouché sur une augmentation générale de 1% et encore en deux temps. Depuis, l'inflation est repartie à la hausse (+ 2,4% en mai sur un an et +25% sur les carburants). Aussi, nous demandons une réouverture des négociations sur les salaires; à partir de 3% d'augmentation générale, cela commence à être intéressant. Et sans attendre la réouverture des négociations, nous demandons également un chèque carburant de 600 euros par an, déclare Daniel Ferté. Ce montant correspond au maximum prévu par le dispositif gouvernemental.

Salariés transférés dans des filiales

L'autre sujet de mécontentement des cheminots prend racine dans l'ouverture du ferroviaire à la concurrence. Pour répondre aux appels d'offre, la SNCF crée des filiales dans lesquelles les salariés sont transférés. Il en résulte une mobilité forcée qui porte atteinte à la santé mentale des salariés. FO demande le retour d'une SNCF une et indivisible et, à tout le moins, un arrêt des réorganisations, déclare le secrétaire général de FO-Cheminots.

Le mal-être est général. A SNCF réseau, qui pourtant n'est pas soumis à la concurrence, les salariés sont sous pression, témoigne Daniel Ferté. FO rappelle les quatorze suicides de cheminots depuis le début de l'année.

La fédération dénonce par ailleurs les effets de l'accord de branche sur les classifications. Son article 17 encourage la polyvalence. Conséquence concrète avec la publication, signalée par FO-Cheminots, d'une offre pour un double emploi de conducteur et de chef de bord, à pourvoir dans la filiale qui va exploiter la ligne Charles de Gaulle express. Les deux postes seront tenus alternativement par la même personne. Habituellement, il faut un an pour former un conducteur et six mois pour un chef de bord, pour ce double emploi, la direction propose une formation de cinq mois, signale Daniel Ferté. Et comme ce poste offre des possibilités d'évolution, cela signifie que cette personne formée à la va-vite pourra rouler sur le réseau national, dénonce-t-il.