Après une année marquée par des résultats exceptionnels, les salariés taïwanais du géant américain Micron revendiquent leur part sous la forme d'une prime équivalant à 83 mois de salaire.
Quelque 256% d'augmentation par rapport à 2025 : cette année, le chiffre d'affaires de Micron Technology, géant américain des semi-conducteurs, a explosé, de même que ses bénéfices. En cause, l'envol du marché des puces mémoire à très haute bande passante, utilisées pour entraîner et exécuter les modèles d'intelligence artificielle (IA). Comme ses concurrents sud-coréens Samsung Electronics et SK Hynix, Micron a ainsi bénéficié d'un boom exceptionnel – ce qui n'a pas échappé aux salariés ayant mené à bien la production.
En mai déjà, 78 000 salariés sud-coréens de Samsung avaient obtenu (en menaçant de faire grève) une prime correspondant à 10,5% du bénéfice d'exploitation, soit environ 330 000 euros par tête. Anticipant l'effet boule de neige et afin de désamorcer le bras de fer qui s'annonçait, Micron avait déclaré en septembre son intention de verser des primes de 35 à 68 mois de salaire pour l'exercice 2026.
Vers un mécanisme permanent de partage de la valeur
Insuffisant pour les salariés, bien conscients de la valeur de leur travail : ils demandent que cette prime exceptionnelle soit portée à 83 mois de salaire, mais aussi que soit mis en place un mécanisme pérenne allouant 15% des bénéfices d'exploitation à l'enveloppe de primes. Si leur employeur récolte des bénéfices énormes, ils ont parfaitement raison de demander leur juste rétribution, . Ce sont les petites mains qui font en sorte que le produit existe, pas les actionnaires rentiers qui n'ont jamais mis les pieds dans une usine.
Sur les deux sites Micron présents à Taïwan et qui produisent 50% à 60% des puces du groupe, l'un a indiqué poursuivre les négociations tandis que l'autre – celui de Taoyuan – a d'ores et déjà déposé un préavis de grève, sans toutefois annoncer de date. En attendant une action plus directe, le syndicat local a encouragé les salariés à poser un jour de congé le 19 octobre afin de participer à un rassemblement à Taipei. Pour l'usine de Taichung, une nouvelle session officielle de médiation avec les autorités publiques devrait avoir lieu très prochainement. Ce n'est qu'en instaurant des relations sociales harmonieuses que les deux parties pourront être gagnantes, a rappelé le président taïwanais Lai Ching-te. Les salariés pourront travailler l'esprit tranquille et les entreprises progresser de manière régulière et aller plus loin.


