Les frappes et bombardements sur l'Iran et le Liban décidés par Israël et les États-Unis le 28 février dernier marquent une nouvelle étape dans l'escalade guerrière au Moyen-Orient. L'ouverture de ce nouveau terrain d'affrontement vient s'ajouter à la longue liste des conflits qui se sont installés durablement depuis plusieurs années.
Comme les précédentes, cette guerre en Iran n'épargne pas les populations civiles. Selon les Nations unies, ce conflit au Moyen-Orient a donné lieu en près de trois semaines à des rapports de plus en plus nombreux faisant état de victimes civiles, y compris des enfants
. Des hôpitaux, des écoles, des sites du patrimoine culturel et des zones résidentielles auraient été endommagés ou détruits, et de nombreux dépôts de pétrole ainsi qu'une usine de dessalement auraient été touchés, causant de graves préjudices aux civils.
Au Liban, plus de 300 000 personnes ont été déplacées à travers le pays. En Iran, ces nouvelles attaques pourraient provoquer à nouveau une répression massive contre le peuple iranien. Les autorités iraniennes se sont déjà livrées à un massacre sans précédent contre la population en janvier dernier.
Alors que l'escalade des hostilités se poursuit dans la région, l'improvisation dont fait preuve l'administration américaine dans la conduite de ce conflit accroît les inquiétudes et les risques d'enlisement. Ces attaques bafouent le droit international, portent atteinte à la diplomatie et plongent la région, de manière prévisible, dans une guerre plus vaste et dévastatrice.
L'Iran y répond par des tirs de missiles et des attaques de drones en Israël et dans l'ensemble du golfe Persique, et alimente ses groupes terroristes au Liban, au Yémen et en Irak. Elle y répond également par le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire 20% de la production mondiale d'hydrocarbures. Les menaces contre les pétroliers sur cette route maritime où transite un cinquième du pétrole mondial ont rapidement entraîné une envolée des prix du baril et laissé libre cours à la spéculation, avec des conséquences sur l'emploi dans l'industrie.
FO appelle au respect du droit international
Pour tenter de faire baisser les cours, les pays membres de l'AIE (Agence internationale de l'énergie) ont décidé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole. Mais ces mesures palliatives n'ont pas levé la menace de voir ces perturbations économiques déboucher sur des crises plus graves. L'escalade ne sert personne, les tensions géopolitiques attisent toujours les tensions économiques ou les tensions sociales…
Pour FO, fidèle à son attachement de toujours pour la paix, sa devise «pain, paix, liberté», incarnée dès ses origines par son fondateur Léon Jouhaux, prix Nobel de la paix en 1951, est plus que jamais d'actualité. FO appelle à l'arrêt immédiat des opérations militaires, au respect du droit international et à la mobilisation de la diplomatie, soutenue par les Nations unies, pour garantir une paix juste et durable, et la justice sociale.


