Les NAO des deux branches du textile aboutissent à des accords signés par FO. Si les augmentations de salaire obtenues ne répondent pas pleinement aux attentes, elles permettent néanmoins d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés.
FO a signé, mi-janvier, les accords salariaux dans les deux branches du textile. Dans celle des industries textiles, les 62 000 salariés obtiennent des augmentations de 1,3% sur l'ensemble de la grille. Cela revalorise son premier niveau à 1 853 euros bruts mensuels, soit 30 euros au-dessus du Smic, lui-même porté à 1 823,03 euros au 1er janvier 2026. Une avancée mais en demi-teinte pour FO. Nous avions demandé une augmentation significative de 3%, bien au-dessus du niveau du minimum légal afin de rendre cette grille-là plus attractive possible
, commente Véronique Breger, secrétaire fédérale, responsable des branches du textile à la fédération FO de la chimie. FO a toutefois signé l'accord, de même qu'un autre syndicat, pour les salariés des entreprises qui n'ont pas de délégués syndicaux et dont les patrons paient au ras de la grille
, explique la militante. Lors des négociations, les organisations syndicales ont unanimement refusé la proposition patronale de +1,2%. Devant ce refus, le négociateur patronal a finalement obtenu de ses mandants de porter la proposition à +1,3%. Une revalorisation qui intervient dans le contexte d'une inflation moyenne de 0,9% en 2025, qui sert de référence pour les NAO de l'année suivante.
Textiles artificiels : des NAO sur fond de difficultés dans la branche
Dans la branche des textiles artificiels, synthétiques et produits assimilés, qui emploie 2 500 salariés dans des entreprises travaillant en continue, la négociation a mené à un accord finalement unanime.
Si FO -défendant une revalorisation à la hauteur des attentes des salariés
– revendiquait initialement une augmentation salariale de 3% sur l'ensemble de la grille, elle a décidé de parapher l'accord d'une hausse de 1,5%, signature tenant compte du niveau moyen (0,9%) de l'inflation en 2025 ainsi que des difficultés de la branche. Des difficultés soulignées par le patronat au cours de la négociation. Celui-ci, évoquant la situation économique fragile des entreprises de la branche, a campé sur sa proposition plafonnant à 1,5% l'augmentation salariale. Outre l'obtention de cette hausse supérieure à l'inflation, les salariés qui travaillent de nuit ou en horaires décalés ont aussi décroché une revalorisation du montant de l'indemnité journalière de panier de nuit, qui passe de 7,30 à 7,50 euros.
Il est à noter que les branches de l'industrie textile et celle des textiles artificiels sont en train de fusionner, suite à un accord signé en 2024. Toutefois leurs grilles de rémunération sont encore séparées et les salaires négociés indépendamment. Ces grilles devront être fusionnées à l'horizon 2027. Véronique Breger signale que les salariés des textiles artificiels conserveront leurs acquis
. Elle anticipe cependant déjà des problèmes pour harmoniser les derniers niveaux des deux grilles, ceux du textile artificiel étant largement supérieurs à ceux de l'industrie textile.


