En ce début d'été, une situation de conditions de travail très dégradées du fait de la canicule vient s'ajouter au mécontentement salarial qui perdure. La SPS-FO, demandant pour les agents une prime canicule et de déplacement, indique ainsi : Les hospitaliers n'attendent pas de nouveaux remerciements, ils attendent une rémunération à la hauteur de leur engagement.
La fédération a déposé un préavis de grève, du 2 juillet au 15 octobre. La FGTA-FO alertait quant à elle, le 29 juin, sur la situation des salariés de ses secteurs, particulièrement exposés aux risques liés à la canicule, notamment dans l'agriculture, mais aussi dans l'agroalimentaire, le commerce, la logistique, la restauration et les activités saisonnières
. Des secteurs où nombre de salariés perçoivent des rémunérations proches du Smic. La fédération demande aux employeurs et aux pouvoirs publics de passer des constats aux actes pour protéger les salariés et prévenir durablement les risques liés aux fortes chaleurs
. Le 24 juin au ministère du Travail, la confédération a elle demandé de l'anticipation
quant aux mesures à prendre lors de canicules, et que soit renforcé le dialogue social dans les branches
.
Sortir de la tendance à la Smicardisation
Alors que le pouvoir d'achat reste aussi au premier rang des préoccupations des travailleurs, un rapport de la Cour des comptes propose, pour 300 millions d'euros d'économies, de revisiter la prime d'activité (financée par l'État) en écartant de son octroi les apprentis et certains retraités (cumulant emploi et retraite), et en l'accordant aux seuls salariés payés pas plus de 0,5 Smic. En l'absence de hausses substantielles des salaires et des pensions, l'insécurité financière des plus modestes pourrait se renforcer. Le Conseil d'analyse économique (CAE), pointant l'ampleur des allègements de cotisations sociales accordés aux employeurs (74 milliards d'euros cette année) propose, lui, dans une note (signée d'Antoine Bozio et Étienne Wasmer), de restructurer les aides à l'emploi en ciblant des publics prioritaires
, soit les jeunes et les seniors. Il s'agirait de désindexer les allègements généraux du Smic pour réduire les taux marginaux implicites et de réviser conjointement l'indexation du Smic et des allègements
. Cela réduirait le manque à gagner des allègements pour les comptes publics et induirait des marges de manœuvre, analysent les auteurs qui parient sur une hausse des salaires, les faisant ainsi sortir de la Smicardisation. Mais si le coût
du travail est actuellement fortement réduit
au niveau du Smic rappelle le CAE, le patronat accepterait-il sans sourciller une légère hausse mécanique de ce coût
, alors qu'il a peu digéré en juin le gel de l'effet de la revalorisation du Smic sur le calcul des exonérations? Plus largement, toutes ces propositions renvoient surtout à la problématique de la hausse des salaires. La récente étude de la Dares sur l'épargne salariale (participation, intéressement...), certes en progression, montre qu'une majorité de salariés en sont exclus. Les bénéficiaires d'une prime représentent 46,0% des salariés du secteur privé non agricole
en 2024, soit neuf millions. Ils ne sont que 14,8% dans les entreprises de moins de dix salariés. Rien ne remplace donc la hausse du salaire brut. Ce que ne cesse de revendiquer FO.


