Les 660 salariés de Fibre Excellence, qui produit de la pâte à papier et de l'électricité dans ses usines de Tarascon (13) et Saint-Gaudens (31), devraient enfin être fixés sur leur sort le 27 juillet. L'entreprise, confrontée à une hausse de ses coûts de production et au retrait de son actionnaire, a été placée en redressement judiciaire le 27 avril.
Mi-juin, la direction, avec le soutien des régions Sud et Occitanie, a déposé une offre de reprise assortie de conditions suspensives à la main du gouvernement, dont une hausse du prix de rachat par l'État de l'électricité produite par le groupe et une sécurisation de son approvisionnement en bois. Mais le ministre de l'Industrie a déploré l'absence d'un réel investisseur industriel dans ce plan de relance. Le syndicat FO dénonçait également le fait que le repreneur soit prêt à geler les salaires pendant trois ans.
FO demande l'intervention de Bpifrance
Le 2 juillet, in extremis, le financier Mathieu Pigasse a déposé à son tour une offre, assortie de conditions suspensives similaires à celles de son prédécesseur. Le 6 juillet, le tribunal lui a accordé trois semaines supplémentaires pour conforter son offre. Ce délai doit permettre à l'homme d'affaires d'obtenir du gouvernement la levée des conditions suspensives.
La confédération FO est investie dans ce dossier. Au-delà du groupe Fibre Excellence, c'est toute la filière bois-papier qui est menacée, soit près de 10 000 emplois indirects, avec un enjeu de souveraineté nationale. Dans un courrier daté du 2 juillet et signé par d'autres leaders syndicaux, mais aussi par Mathieu Pigasse et les présidents des régions Sud et Occitanie, Frédéric Souillot a demandé au chef de l'État, au Premier ministre et au ministre de l'Industrie un ultime effort de l'État pour sécuriser temporairement les premières années d'exploitation
, notamment via l'intervention de Bpifrance.
C'est le délai de la dernière chance. Et si rien ne bouge, le juge demandera la liquidation de Fibre Excellence
, redoute le syndicat FO, qui revendique toujours la nationalisation temporaire du groupe.


