Satisfaction pour Force Ouvrière à l'annonce par le Premier ministre, le 27 janvier 2026, de sa décision de retirer la lettre de cadrage relative à la négociation de la convention d'assurance chômage, envoyée en août 2025 par François Bayrou, alors Premier ministre. Depuis plusieurs mois, Force ouvrière en demandait le retrait, comme elle demandait l'agrément des dispositions de la convention sur les primo entrants et celui de la convention sur le bonus-malus.
FO avait même saisi le Conseil d'État pour contester la légalité de cette lettre de cadrage, qui réduisait les droits des demandeurs d'emploi et plaçait les interlocuteurs sociaux dans une situation de négociation extrêmement contrainte
, réaffirmait la confédération dans son communiqué de presse du 28 janvier. Le gouvernement y répond en engageant les procédures d'agrément des dispositions de la convention de novembre 2024 sur les primo demandeurs d'emploi et de l'avenant de juillet 2025 sur le bonus-malus. Un premier pas positif pour les négociations en cours. Les organisations syndicales et patronales ont en effet rendez-vous les 11, 19 et 25 février pour tenter d'aboutir à un accord.
Point important dans les discussions, les économies souhaitées par le gouvernement. Le ministre du Travail a en effet demandé une économie d'au moins 400 millions d'euros par an en année pleine sur la durée restante de la convention, avec des effets dès 2026
. Le précédent gouvernement en attendait entre 2 Md€ et 2,5 Md€ par an en moyenne au cours des quatre années de la convention [2026-2029], avec une montée en charge progressive des nouvelles règles générant des gains croissants sur la période entre 2026 et 2029, pour atteindre a minima 4 Md€ d'économies en régime de croisière à partir de 2030
. Les organisations patronales, quant à elles, ont pour objectif, dans le cadre des discussions actuelles, un milliard d'euros d'économies. Pour rappel, les comptes de l'Unédic (organisme paritaire qui gère l'assurance-chômage), excédentaires ces dernières années, sont déficitaires en 2025 du fait des ponctions par l'État (3,35 milliards d'euros) pour financer son propre budget.
FO, de son côté, réaffirme qu'elle continuera de s'engager activement dans la négociation, la pratique contractuelle et conventionnelle pour protéger les droits des demandeurs d'emplois et défendre le paritarisme.


