De Barcelone à la butte Montmartre, le peloton s'élance pour une vingtaine de jours intenses, marqués par la traversée précoce des Pyrénées, de belles étapes vosgiennes et une double arrivée à L' Alpe d'Huez. Il ne faudra pas connaître de jour sans pour arriver en jaune à Paris.
Les Pyrénées dès l'entrée
Le Tour s'élance d'Espagne : après le Pays basque en 2023, voilà la Catalogne, avec deux journées difficiles autour de Barcelone puis, déjà, la traversée des Pyrénées. Six premiers jours de course intense où les favoris n'auront pas d'autre choix que de se dévoiler.
Samedi 4 juillet
1re étape
Barcelone – Barcelone
(19,7 km, contre-la-montre par équipes)
Cela n'était plus arrivé depuis 1971 : le Tour s'élance avec un contre-la-montre par équipes, un exercice qu'il avait même longtemps délaissé, dans les rues de Barcelone. Le parcours d'une vingtaine de kilomètres s'achève dans les collines du parc olympique de Montjuïc, ce qui n'est pas anodin : le règlement de l'étape indique en effet que si ce chronomètre est bien disputé par équipes, les temps à l'arrivée seront pris individuellement. On devrait donc voir les favoris du Tour prendre leurs distances avec leurs équipiers dans les derniers kilomètres pour grapiller du temps à leurs adversaires… ou en perdre le moins possible.
Dimanche 5 juillet
2e étape
Tarragone – Barcelone
(182 km)
Ce sont à nouveau les côtes de Montjuïc qui marquent cette première étape en ligne de l'épreuve, longue procession le long de la Méditerranée avant d'arpenter les hauteurs de Barcelone. Le final, souvent vu sur le Tour de Catalogne, est une aubaine pour les puncheurs. On pourrait voir le maillot jaune changer d'épaules et les leaders s'attaquer, même s'il est peu probable qu'il y ait beaucoup d'écarts à l'arrivée.
Lundi 6 juillet
3e étape
Granollers – Les Angles (196 km)
Cap sur le Nord, direction la France et donc les Pyrénées : voilà déjà la première étape de haute montagne de ce Tour 2026. Pas la plus difficile, évidemment, mais de quoi se tester quand même, avec les dix kilomètres du col des Toses (dont les quatre derniers à 9%) puis le moins difficile col du Calvaire, juste après la frontière. Le final sera difficile à contrôler, avec une succession de montées et de descentes jusqu'à la rampe finale des Angles, 1,7 km à 7,6% où les candidats au podium final se livreront forcément bataille.
Mardi 7 juillet
4e étape
Carcassonne – Foix
(182 km)
Après trois premiers jours exigeants, les favoris vont enfin pouvoir souffler. Mais ce n'est peut-être pas encore l'heure des sprinteurs : si le final de l'étape, vers Foix, est assez plat, il est précédé d'un parcours très casse-pattes, via notamment les cols de Parais, de Coudons et de Montségur. Bien que modestes, ces difficultés, mises bout à bout, pourraient favoriser une échappée au long cours et le destin chanceux d'un baroudeur.
Mercredi 8 juillet
5e étape
Lannemezan – Pau (158 km)
S'ils commençaient à se demander ce qu'ils étaient venus faire dans cette galère, les sprinteurs auront le sourire au départ de Lannemezan : cette cinquième étape leur est promise, comme souvent dans les rues de Pau. Tout juste faudra-t-il survivre à l'enchaînement de trois petites côtes, pas forcément anodines, à l'approche du final. Les plus lourds d'entre eux pourraient avoir du mal…
Jeudi 9 juillet
6e étape
Pau – Gavarnie-Gèdre (186 km)
Nous n'allions pas quitter les Pyrénées comme ça? Après l'étape des Angles, qui n'était qu'un apéritif, voilà une vraie étape de montagne, avec des noms chargés d'histoire, le col d'Aspin (12 km à 6,5%) et le mythique col du Tourmalet (17,3 km à 7,2%). Ses pentes serviront de scène à la première bataille à haute altitude cette année entre les favoris de la Grande Boucle, avant la descente rapide vers Luz-Saint-Sauveur puis la montée finale, peu difficile mais très longue, vers Gavarnie-Gèdre (18,6 km à 3,7%), où les écarts créés plus tôt pourraient encore se creuser.
Une diagonale presque plate
S'il est arrivé à la Grande Boucle, au cours des dernières éditions, de traverser en diagonale la France d'un coup d'avion, le peloton va cette fois prendre une bonne semaine pour le faire par la route. L'aubaine est belle pour les sprinteurs, qui vont enfin avoir du grain à moudre, même si les favoris et les baroudeurs français auront coché l'étape du 14 juillet, dans les difficiles monts du Cantal.
Vendredi 10 juillet
7e étape
Hagetmau – Bordeaux
(175 km)
Le peloton tourne définitivement le dos à la frontière franco-espagnole pour remonter vers le Nord. Première escale à Bordeaux, où les derniers vainqueurs sont tous des sprinteurs : Philipsen en 2023, Cavendish en 2010… Nul doute qu'un nouveau s'ajoutera à la liste, car l'étape est très plate et ne devrait pas passionner les foules, du moins avant l'emballage final.
Samedi 11 juillet
8e étape
Périgueux – Bergerac
(182 km)
Pour cette étape 100% Dordogne, l'organisation aurait pu prévoir un parcours plus casse-pattes, car il y a de quoi faire dans le coin. Mais à l'image de la veille, ce sont surtout des routes très plates qui se présentent devant les coureurs et on imagine mal autre chose qu'un sprint massif à l'arrivée.
Dimanche 12 juillet
9e étape
Malemort – Ussel (185 km)
À la veille du premier jour de repos, le Tour poursuit son cap nord-est et le voici en Corrèze, haute terre de cyclisme et paradis des baroudeurs. Si les difficultés du jour ne devraient pas faire ciller les favoris du Tour – Suc-au-May, Mont Bessou, côte de la croix du Pey –, elles seront rédhibitoires pour les sprinteurs et devraient donc logiquement voir une échappée fleuve se disputer la victoire d'étape. Les cent derniers kilomètres ne proposant pas un mètre de plat, difficile de prédire où se jouera l'instant décisif!
Lundi 13 juillet : repos, Cantal
Mardi 14 juillet
10e étape
Aurillac – Le Lioran
(167 km)
Au lendemain d'une pause bienvenue, le peloton attaque directement avec une difficile étape dans le Cantal, via quelques-unes des difficultés les plus pénibles du Massif central. Après quelques premiers cols déjà indigestes, le Puy Mary (7,8 km à 5,8%) lancera la bagarre à une trentaine de bornes de l'arrivée : suivent le difficile col du Pertus (4,5 km à 8,3%) et la montée finale du col du Font de Cère (3,5 km à 5,5%), juste avant l'arrivée au Lioran. On pourrait assister à deux courses en une : la victoire d'étape, à l'avant, pour un beau groupe d'échappées sans doute riche en Français, avides de gloire en ce jour de fête nationale; et une bagarre entre favoris à l'arrière, susceptible de créer de petits écarts au général.
Mercredi 15 juillet
11e étape
Vichy – Nevers (161 km)
Le calme devrait revenir sur cette onzième étape, ni très longue ni vraiment difficile. Nevers n'avait plus accueilli d'arrivée de la Grande Boucle depuis 2003 et une victoire au sprint d'Alessandro Petacchi et nul doute que l'issue sera comparable cette année, tant l'étape semble facile à contrôler pour les équipes de sprinteurs.
Jeudi 16 juillet
12e étape
Nevers Magny-Cours – Chalon-sur-Saône (181 km)
Un peu plus longue et ondulée que celle de la veille, cette étape peut-elle pour autant finir autrement? On peine à croire que le terrain proposé soit suffisamment retors pour permettre à des baroudeurs, même très costauds, de tenir tête à un peloton lancé à pleine vitesse. Un sprint royal a donc toutes les chances de se produire à Chalon-sur-Saône.
Vosges et Jura sur la route des Alpes
Après une traversée du pays peut-être un peu longue, la dernière semaine alpine, décisive, se profile à l'horizon. Mais il ne faudrait pas sous-estimer le week-end qui la précède : trois journées remuantes et même un peu plus, dans les Vosges et le Jura, qui ont rarement été aussi bien mis à l'honneur sur le Tour.
Vendredi 17 juillet
13e étape
Dole – Belfort (205 km)
Voilà le peloton en Franche-Comté, aux portes des Vosges. Et si tout le monde a déjà en tête les Alpes, copieux menu de la troisième semaine, il serait dangereux de ne pas prendre ce qui précède au sérieux, à commencer par cette treizième étape qui propose, après une longue procession en plaine, la double ascension du col des Croix (5,2 km à 5%) et du Ballon d'Alsace (9 km à 6,8%), avant une arrivée en toboggan jusqu'à Belfort. Si la victoire d'étape a toutes les chances de se jouer sur une longue échappée, les favoris pourraient chercher à en découdre sur ces pentes qui n'attendent que ça…
Samedi 18 juillet
14e étape
Mulhouse – Le Markstein-Fellering (155 km)
Souvent considérées comme un massif secondaire, les Vosges prouvent avec cette étape qu'il n'en est rien. En seulement 155 bornes, six ascensions délicates s'enchaînent pour une journée sans répit qui pourrait faire beaucoup de dégâts. Après la montée, à froid, du Grand Ballon (21,6 km à 5%), il faudra enchaîner le col du Page, le Ballon d'Alsace à nouveau, le col du Hundsruck et enfin le très difficile col du Haag, un chemin forestier aménagé en voie cyclable de 11 km à 7,3%, dont le sommet n'est qu'à six kilomètres du but… Aucune chance qu'il ne sorte rien d'une telle journée : il devrait y en avoir partout!
Dimanche 19 juillet
15e étape
Champagnole – Plateau de Solaison (184 km)
Après les Vosges, le Jura! Le parcours du jour est cabossé, quasiment jamais plat, mais c'est au km 130 que les choses sérieuses vont commencer avec le Salève, un mur de 7,5 km à 9% qui va éparpiller pour de bon le peloton. Et une fois que l'on aura compté les rescapés, se dressera l'ascension finale vers le plateau de Solaison, encore plus redoutable :
11,3 km à 9,1%. À la veille du deuxième jour de repos, la bataille entre les premiers du général s'annonce explosive.
Lundi 20 juillet : repos, Haute-Savoie
L'assaut final
De la très haute montagne, et le seul contre-la-montre individuel de cette édition 2026 : la dernière semaine du Tour est constellée de rendez-vous décisifs qui peuvent tout changer avant l'étape finale, qui propose, comme l'an dernier, un dernier jour de fête à Montmartre.
Mardi 21 juillet
16e étape
Évian-les-Bains – Thonon-les-Bains (26 km, contre-la-montre individuel)
À six jours de Paris, voilà enfin le premier – et le seul – chrono individuel de la Grande Boucle. Au bord du lac Léman, le parcours aurait pu être très plat, une affaire de spécialistes, mais il n'en est rien : dix bornes de montée (pas très raide), sept de descente, neuf de plat, le tracé est découpé en trois morceaux distincts qui devraient favoriser les coureurs complets. En vingt-six kilomètres, il y a de quoi creuser des écarts, surtout au lendemain d'une journée de repos qui pourrait avoir coupé les jambes de quelques-uns…
Mercredi 22 juillet
17e étape
Chambéry – Voiron
(175 km)
Ce n'est pas tous les ans qu'un sprinteur du Tour de France peut se vanter de pouvoir remporter une étape s'élançant de Chambéry. Et pourtant : loin d'être plate, cette dix-septième étape est la dernière opportunité pour les fusées du peloton de lever les bras, et il y a donc fort à parier qu'ils feront tout pour contrôler la course. Le match avec les baroudeurs, forcément alléchés eux aussi par ce parcours quand même difficile, promet d'être tendu toute la journée.
Jeudi 23 juillet
18e étape
Voiron – Orcières-Merlette (185 km)
Les Alpes, les voilà! Mais tout doucement, pour commencer. Loin d'être une orgie de cols, cette dix-huitième étape propose un parcours relativement accessible pour commencer, ce qui devrait favoriser les desseins d'une échappée au long cours. Mais les favoris seront mis à contribution aussi pour l'ascension finale vers Orcières-Merlette, 7 km à 6,8% qui devraient être avalés à un rythme échevelé, même si les écarts ne devraient pas être si grands sur la ligne d'arrivée.
Vendredi 24 juillet
19e étape
Gap – L'Alpe d'Huez
(128 km)
Voilà quatre ans que le Tour ne s'était plus rendu à L' Alpe d'Huez. Pour réparer ce quasi affront, les organisateurs ont décidé d'y programmer deux arrivées, cet été! D'abord sur cette 19e étape, très courte, où l'essentiel se jouera dans les vingt-et-un lacets mythiques qui mènent à la station. Quatorze kilomètres à 8% de moyenne, particulièrement difficiles aux pieds, et une arrivée de prestige que tous les meilleurs voudront accrocher à leur palmarès. Là-haut, on aura une bonne idée du podium final.
Samedi 25 juillet
20e étape
Le Bourg-d'Oisans – L' Alpe d'Huez (171 km)
Alpe d'Huez, acte II. Mais la pièce est tout autre. Plus longue, cette avant-dernière étape enchaîne les cols difficiles tout en évitant la si célèbre montée aux vingt-et-un lacets. Via le col de la Croix-de-Fer (24 km à 5%) et l'aussi mythique qu'interminable Galibier (35 km, en passant par le col du Télégraphe, à 7% de moyenne), le peloton va arriver éparpillé au pied du col de Sarenne, 13 km à 7,3%, la dernière grande ascension de cette édition 2026. Car au sommet, il reste une quinzaine de kilomètres «en balcon» jusqu'à l' Alpe d'Huez. Un final qui casse un peu les codes habituels de la haute montagne, et qui pourrait déboucher sur quelques surprises. De quoi renverser le Tour?
Dimanche 26 juillet
21e étape
Thoiry – Paris (130 km)
Alors que la dernière étape du Tour n'était qu'une procession sans intérêt sur les Champs-Élysées, l'organisation a décidé, l'été dernier, de s'inspirer des JO de 2024 pour dépoussiérer l'événement et proposer un circuit sur la butte Montmartre. Résultat : une foule monstre, un beau spectacle et une victoire de prestige pour Wout van Aert. Rebelote cet été, pour une étape qui s'annonce spectaculaire. Peu de chances, en revanche, que cela change quelque chose à l'issue du Tour : pour le maillot jaune et ses premiers dauphins, la hiérarchie aura été décidée à l'Alpe d'Huez.


