Des différends opposent ancienne entreprise et nouveau prestataire sur la reprise des salariés et sur le maintien de leurs droits. FO est aux côtés de ces salariés.
L es changements d'entreprise, les agents de sûreté de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône) y sont tristement habitués. Mais le dernier en date, théoriquement effectif au 1er avril, est venu avec un lot d'incertitudes plus important que les précédents. Parmi les 161 salariés, une vingtaine ne sont pas assurés de conserver leur emploi lors du transfert. Les clauses de reprise semblent très restrictives
, expose Sébastien Monier, secrétaire de l'union locale FO à l'aéroport Saint-Exupéry, qui fédère les délégués des entreprises y travaillant. La société ICTS ne reprendrait que les salariés ayant effectué au moins 900 heures sur les neuf derniers mois. Cela écarte de facto les salariés en congé longue maladie, ou même en congé maternité
, alerte-t-il.
Autre pierre d'achoppement : l'entreprise sortante, APFS, veut transférer les salariés avec leurs compteurs actuels d'heures supplémentaires et de congés, tandis qu'ICTS souhaiterait que son prédécesseur solde tous les comptes pour repartir de zéro. Face à ce flou menaçant les droits des salariés, une intersyndicale à laquelle participe FO a saisi le tribunal, qui tranchera le 21 mai prochain. Une grève organisée le 13 mars a par ailleurs été suivie par la quasi-totalité des salariés. Les impacts ont été assez limités puisque les deux sociétés avaient fait venir des renforts d'autres aéroports
, s'indigne Sébastien Monier qui dénonce un cassage de grève
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Des appels d'offres au rabais de la part de Vinci
Au-delà du conflit entre deux entreprises de sûreté, la logique même de la sous-traitance dans les aéroports est en cause. Vinci, le gestionnaire de l'aéroport de Lyon par délégation de l'État, fait des appels d'offres à des conditions tarifaires tellement basses que les sociétés qui reprennent les marchés le font dans des circonstances déplorables
, analyse Sébastien Monier. Les salariés s'inquiètent de rumeurs selon lesquelles ICTS voudrait fonctionner avant tout avec des CDD et des intérimaires. C'est dans l'ADN de Vinci de vouloir faire des dividendes en grappillant quelques milliers d'euros sur les activités sous-traitées, Mais ce serait appréciable que le groupe fasse des appels d'offres sans dumping social.


