La hausse du Smic prévue en juin a comme un effet trompe-l'oeil. La revalorisation de 2,41% n'est pas un coup de pouce mais un ajustement automatique à l'inflation, laquelle poursuit son envolée (+2,2% en avril sur un an). Au premier trimestre 2026, l'emploi salarié a baissé et les salaires de base dans le privé se sont repliés, grignotés par l'inflation. La consommation des ménages recule de 0,6% sur le trimestre… Après 0% sur ces trois mois, la croissance annuelle menace d'être minime. Malgré les difficultés des travailleurs, le gouvernement n'a toujours pas décidé de mesures générales de soutien dans le cadre de la crise des prix des énergies fossiles. La loi de lutte contre les fraudes, pointe, quant à elle, les plus fragiles en matière de fraude sociale, alors que la responsabilité des entreprises est reconnue comme majeure. De son côté, la loi, récente aussi, sur la simplification de la vie économique supprime des obligations faites aux entreprises, ce qui impacte entre autres les droits des salariés. Pour FO, il n'est ni acceptable socialement, ni soutenable économiquement que les salariés paient une nouvelle fois le prix des choix budgétaires actuels
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Les travailleurs peinent à consommer, revendiquent de meilleurs salaires et demandent avec FO des mesures générales de soutien au pouvoir d'achat face à la crise des prix des énergies... Rien de surprenant : les chiffres parlent d'eux-mêmes. Publiée début mai et portant sur le premier trimestre 2026, la dernière étude de la Dares (services statistiques du ministère du Travail) sur l'évolution des salaires de base dans le secteur privé (salaire brut, sans les primes, les heures supplémentaires…) montre en effet l'impact de l'inflation, toujours en hausse, sur des salaires dont la progression (due tant à l'ancienneté dans la carrière qu'aux augmentations issues des négociations salariales), elle, est minime. L'étude prend en compte l'inflation enregistrée en mars sur un an, soit 1,7%. À noter que celle-ci a grimpé à 2,2% en avril, faisant craindre des dégâts à venir encore plus importants.
Baisse du SMB des ouvriers
L'indice du salaire mensuel de base (SMB) de l'ensemble des salariés progresse de 0,7% au cours du premier trimestre 2026. Sur un an, il augmente de 1,7%, soit au même rythme qu'au trimestre précédent
, calcule la Dares. L'indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) progresse de 0,7% au cours du premier trimestre 2026 dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé hors agriculture, particuliers employeurs et activités extraterritoriales. (…) Sur un an, le SHBOE augmente de 1,6% fin mars 2026, soit au même rythme que fin décembre 2025 (+1,6%).
Mais, avertit la Dares, ces chiffres de progression sont hors inflation. En introduisant ce paramètre, la situation est bien différente. Ainsi, sur un an et en euros constants, le SHBOE diminue de 0,1% et le SMB est stable
, indique l'étude, précisant que le SMB diminue de 0,1% dans la construction, augmente de 0,1% dans l'industrie et est stable dans le tertiaire
. En ce qui concerne les catégories professionnelles, sur un an, le SMB augmente de 1,6% pour les ouvriers et pour les employés, de 1,7% pour les professions intermédiaires et de 1,8% pour les cadres
. Mais… en tenant compte de l'inflation, ce SMB diminue de 0,1% pour les ouvriers, est stable pour les employés et pour les professions intermédiaires et augmente de 0,1% pour les cadres
. Les salariés subissent de plein fouet les effets de l'inflation, dans un contexte de stagnation des salaires réels depuis 2021
, dénonçait récemment FO, rappelant sa revendication de hausse des salaires.


