Formation : les budgets en chute libre

Rédigé le 19/03/2026
par Sandra Déraillot, L'inFO militante

L a formation n'en finit pas de faire les frais de l'austérité mise sur les dépenses publiques. Après l'annonce du budget de France compétences en janvier, qui a perdu 1,4 milliard d'euros par rapport à 2025 (et alors que 500 millions avaient déjà été supprimés entre 2024 et 2025), les dotations de l'État versées aux centres de formation d'apprentis ont été divisées par deux. Quant aux crédits de financement des pactes régionaux d'investissement dans les compétences (PRIC)… une réduction de 20% avait été envisagée dans une première version du projet de loi de finances, avant que le ministre du Travail n'annonce, début mars, une coupe plus drastique, à hauteur de 56%. Seuls 377 millions d'euros sont donc alloués en 2026, contre 854,9 millions l'an dernier.

Si les régions sont encore dans la discussion pour tenter de limiter la diminution de ces crédits dédiés à la formation des demandeurs d'emploi, la décision ne manque pas d'inquiéter. Les publics concernés par ces formations sont en effet les plus éloignés de l'emploi : jeunes peu qualifiés, chômeurs de longue durée, allocataires du RSA, travailleurs handicapés ou en situation d'illettrisme. Côté employeurs, les secteurs en tension figurent également parmi les bénéficiaires de ces PRIC. L'impact risque d'être ressenti au niveau du recrutement dans le BTP, l'artisanat, l'industrie ou le commerce.

Coup de frein sur l'apprentissage

D'autant que par ailleurs, l'exécutif a décidé, pour la deuxième année consécutive, de diminuer les aides à l'embauche d'apprentis. Alors qu'en 2025 ce montant avait été réduit pour tous les apprentis, en 2026 il est cette fois réduit pour tous ceux qui poursuivent un cursus dans l'enseignement supérieur (BTS, licence, master...). À titre d'exemple, une entreprise de moins de 250 salariés qui embauchait un alternant, apprenti ingénieur, percevait 5 000 euros d'aide en 2025, elle n'en touchera plus que 2 000 en 2026. Une mesure qui a de quoi inquiéter alors que, indique la Dares, le chômage des jeunes est reparti à la hausse : au quatrième trimestre 2025, 21,5% des 15/24 ans étaient privés d'emploi, soit + 2,8% par rapport au quatrième trimestre de 2024. Et en 2025, le nombre de nouveaux apprentis avait reculé, pour la première fois depuis 2014, de 5%.