La négociation du PSE, le plan de sauvegarde de l'emploi, chez Legrand se termine. Mobilisés, les salariés ont obtenu des avancées sur la durée et la rémunération du congé de reclassement, sur le congé de fin de carrière, sur les indemnités de licenciement et sur les reclassements internes, rapporte Angélique Dauge, secrétaire du syndicat FO-Legrand-Limousin.
La mobilisation des salariés de Legrand pour un meilleur plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a payé. Les dernières propositions de la direction ne sont pas à la hauteur de ce que nous demandions mais elles comportent des avancées
, déclare Angélique Dauge, secrétaire du syndicat FO-Legrand-Limousin. Après une dernière réunion sur les mesures d'accompagnement du PSE qui doit se tenir le 19 octobre, un accord devrait être mis à la signature jusqu'au 4 novembre, date à laquelle le comité social et économique (CSE) du fabricant d'équipements électriques doit également rendre son avis sur le PSE.
Souhaitant simplifier l'organisation des activités de production
, le groupe Legrand, qui se porte bien, a annoncé le 23 juin qu'il allait fermer d'ici à la fin 2028 quatre sites représentant 178 postes : Pont-en-Royans (Isère); Lagord (Charente-Maritime); Confolens (Charente) et Châlus (Haute-Vienne). Dans le même temps, l'entreprise prévoit de renforcer quatre sites : Magré (Haute-Vienne); Sitel (Haute-Vienne); Sillé-le-Guillaume (Sarthe) et Saint-Marcellin (Isère) en créant 104 postes. Dans l'opération, des emplois seront supprimés, des postes transférés parfois très loin, des salariés devront changer l'organisation de leur temps de travail, ... D'où un PSE.
Salariés en grève à Châlus
Les négociations durent depuis plusieurs semaines. Constatant que rien n'avançait, les salariés du site de Châlus ont fait grève les 5 et 6 octobre. Angélique Dauge, par ailleurs salariée de ce site, rapporte que la direction France s'y est déplacée le 7 octobre. La mobilisation a porté ses fruits
, estime la militante. Elle relève désormais plusieurs avancées de la direction pour l'accompagnement du PSE.
Le congé de reclassement, au cours duquel les salariés sont accompagnés dans leur recherche d'emploi et peuvent se former, est prévu pour durer un an pour les salariés de moins de 50 ans, quatorze mois pour les plus de 50 ans et deux ans en cas de formation. La rémunération des salariés concernés serait maintenue à 100% pendant le préavis – c'est ce que prévoit la loi – puis à 75%% au-delà (65% selon la loi), soit 92% du salaire net
, calcule Angélique Dauge. Cela correspond à ce qui se pratique dans les autres PSE
, constate-elle.
Mesures d'accompagnement améliorées
Le congé de fin de carrière serait accessible trente-six mois avant la retraite à taux plein. Au départ, la direction proposait 18 mois
, rappelle Angélique Dauge. La loi prévoit que le salarié soit rémunéré à 70% de son salaire pendant le congé. Legrand propose 100% du salaire pendant trois mois, 75% entre quatre et 24 mois et 70% entre 24 mois et 36 mois. Par ailleurs, l'entreprise rachèterait deux trimestres pour les salariés proches d'être éligibles au congé. Les indemnités de licenciement cumuleraient notamment les indemnités conventionnelles, un mois de salaire de référence par année d'ancienneté, une indemnité de 5 000 euros.
D'un autre côté, la direction veut le plus de reclassements internes possibles
, signale Angélique Dauge. Les salariés concernés par le PSE seront prioritaires pour les 104 postes créés, mais aussi pour tous les autres postes ouverts ainsi que pour ceux libérés par les salariés partant à la retraite dans deux ans. Cela offre pas mal de possibilités, d'autant que les salariés pourront se positionner sur autant de postes qu'ils le souhaitent
, précise Angélique Dauge.


