Le secteur des salles de sport et de remise en forme connaît une croissance exponentielle, portée par un intérêt grandissant pour le bien-être et la santé. Cependant, derrière les apparences d'un marché florissant se cache une réalité moins reluisante, comme le révèle une enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) [*].
Avec plus de soixante-dix pour cent des établissements contrôlés présentant au moins une anomalie, le bilan est très préoccupant et souligne un manque de rigueur généralisé qui peut coûter cher aux consommateurs.
Menée entre 2022 et 2023 auprès de 571 salles de sport sur l'ensemble du territoire, l'enquête de la DGCCRF met en lumière des manquements fréquents et variés, allant de simples défauts d'information à des pratiques commerciales trompeuses. Ce constat sévère, qui n'est pas nouveau, semble s'être accentué avec l'essor des salles low cost et la pression économique post-pandémie.
Une information précontractuelle souvent défaillante
L'un des principaux points noirs reste l'information du consommateur avant la souscription d'un abonnement dans une salle. Près de quatre anomalies sur dix (39%) concernent des défauts d'information sur les prix et les conditions générales de vente (CGV). Les enquêteurs ont relevé de nombreux cas d'affichage des tarifs inexistant ou incomplet, que ce soit à l'accueil des salles ou sur les sites Internet des enseignes.
Des contrats truffés de clauses abusives
Les contrats d'abonnement eux-mêmes sont une source majeure d'irrégularités. Près d'un quart des anomalies (24%) sont liées à la présence de clauses abusives ou illicites, pourtant interdites.
Parmi les clauses les plus fréquemment épinglées, on retrouve, par exemple, la limitation de la responsabilité du professionnel en cas d'accident ou de vol, la modification unilatérale du contrat, permettant à la salle de changer les horaires, les cours ou même les tarifs sans l'accord préalable du client, etc.
Pratiques commerciales trompeuses et démarchage agressif
Au-delà des aspects contractuels, la DGCCRF a également identifié des pratiques commerciales trompeuses (12% des anomalies). Celles-ci visent à attirer le client par des promesses qui ne sont pas toujours tenues. L'exemple typique est l'offre sans engagement qui, en réalité, impose un préavis de plusieurs mois pour pouvoir résilier l'abonnement.
Le démarchage téléphonique est également pointé du doigt.
Enfin, un manquement simple mais fréquent concerne la remise obligatoire d'une note ou d'une facture pour toute prestation de service supérieure à la somme de 25 euros.
Face à ce bilan alarmant, la DGCCRF a multiplié les actions, allant des avertissements pédagogiques aux procès-verbaux administratifs ou pénaux pour les manquements les plus graves.
L' AFOC conseille aux consommateurs de rester extrêmement vigilants avant de souscrire un abonnement : comparez les offres, lisez attentivement l'intégralité du contrat et des conditions générales de vente, et n'hésitez pas à signaler toute pratique suspecte sur la plateforme SignalConso.
La vigilance reste la meilleure arme pour profiter sereinement de sa séance de sport sans mauvaise surprise!
[*] Enquête menée par la DGCCRF et publiée le 2 septembre 2025, «Salles de sport et de remise en forme : trop d'anomalies chez les professionnels contrôlés» (https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/).


