B leu de chauffe, uniforme de policier ou tenue d'hôtesse de l'air, le Musée postal, à Paris, consacre une exposition au vêtement de travail. L'installation s'ouvre sur une étonnante paire de bottes de postillon, imposants chaussants tout de cuir et de bois, censés protéger les jambes des cavaliers postaux du XVIIIe siècle à la fois du mauvais temps et des multiples possibilités de choc procurées par leur activité. Une grande partie de la collection mise en scène (entre tableaux, photos d'époques, lithographies, vidéos et catalogues) concerne évidemment les métiers de la Poste (superbement conservés), au fil de l'histoire, mais pas seulement.
Quand designers et couturiers s'en mêlent
La tenue de travail recouvre en effet plusieurs symboliques : celle de l'autorité (notamment dans la police ou l'armée), du corps de métier ou de l'incarnation de l'État. Elle gagne ensuite progressivement de nombreuses entreprises, s'étend aux femmes (dont le travail non reconnu les a longtemps gardées loin de tout uniforme), et finalement intègre les notions de sécurité et d'hygiène qui prévalent aujourd'hui. Depuis une cinquantaine d'années, la tenue de travail intéresse même grands designers et couturiers, sollicités pour créer les uniformes de police ou les tenues des facteurs. Une exposition enrichissante, qui s'accompagne d'un cycle de conférences et, durant l'été, de visites guidées et d'ateliers créatifs.


