FO en appelle au gouvernement pour sauver Fibre Excellence

Rédigé le 17/06/2026
par Clarisse Josselin, L'inFO militante

Alors qu'une audience décisive pour l'avenir de Fibre Excellence devait se tenir le 17 juin au tribunal de commerce, FO appelle à la nationalisation temporaire du groupe qui produit de la pâte à papier et de l'électricité. Cette solution permettrait de monter un vrai projet industriel préservant les emplois, les sites et la filière sur le long terme.

L es prochains jours seront décisifs pour éviter la liquidation de Fibre Excellence, groupe de fabrication de pâte à papier et d'électricité qui génère 670 emplois directs et près de 10 000 emplois indirects. Le 17 juin, le tribunal de commerce de Toulouse devait se pencher sur la situation de l'entreprise, placée en redressement judiciaire depuis fin avril. À la veille de l'audience, une seule offre de reprise avait été déposée, portée par l'actuelle équipe dirigeante, avec le soutien des régions Sud et Occitanie. Cette offre était assortie de clauses suspensives – dont une augmentation du prix de rachat de l'électricité par l'État et une sécurisation de l'approvisionnement en bois – qui n'avaient toujours pas été levées à deux jours de l'audience.

En outre, le ministre de l'Industrie avait déploré le 10 juin à l'Assemblée nationale que ce projet ne s'appuie pas sur un réel investisseur industriel. FO dénonce également le fait que le repreneur soit prêt à geler les salaires pendant trois ans, alors qu'en 2021 des acquis collectifs avaient déjà été remis en cause au prétexte de sauver l'emploi.

Un rassemblement le 18 juin à Tarascon

La société SPB, qui avait déjà repris en mars dernier les Papeteries de Condat pour un projet de reconversion industrielle, aurait aussi fait parvenir une lettre d'intention au tribunal. Or les syndicats craignent que ce candidat ait l'intention de démanteler Fibre Excellence.

Vu les délais impartis, il y a une solution immédiate, qui avait été présentée par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, lors de notre dernière rencontre avec le ministre, c'est la nationalisation provisoire, pour préserver l'usine, les deux sites et toute la filière industrielle, a expliqué René Sale, au nom de l'union départementale FO des Bouches-du-Rhône, lors d'une conférence de presse organisée le 12 juin en présence de représentants syndicaux et d'élus locaux. Une solution qui laisserait le temps de monter un vrai projet industriel.

FO, dans le cadre de l'intersyndicale, a appelé l'ensemble des salariés, des élus et de la population à se rassembler le 18 juin devant l'usine de Tarascon pour sauver les emplois, les usines et les territoires, et demander une intervention forte de l'État.