FO se mobilise pour défendre la Sécurité sociale

Rédigé le 29/08/2025
par Clarisse Josselin, L'inFO militante

Près de 150 personnes se sont réunies le 28 août devant le siège de la Caisse régionale d'assurance maladie (CRAMIF), à Paris, à l'appel d'une intersyndicale, dont FO. Elles ont dénoncé la mise en place d'un plan social au sein du centre médical Stalingrad, et, plus largement, les attaques budgétaires du gouvernement à l'encontre de la Sécurité sociale qui fête cette année ses 80 ans.

Une nouvelle manifestation pour sauver le centre de santé Stalingrad, situé dans le 19e arrondissement de Paris, a été organisée le 28 août à Paris, à l'appel de plusieurs organisations syndicales et de jeunesse, dont FO, et soutenue par l'union régionale d'Ile-de-France-FO (URIF-FO).

Ce centre pluridisciplinaire, qui accueille 30 000 patients par an, est géré par la Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France et la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Il propose aux assurés des soins sans avance d'argent.

En novembre dernier, la direction a présenté, lors d'un CSE, un plan de restriction budgétaire se traduisant par la suppression de 25 postes sur 75 (17 postes de soignants et 8 personnels administratifs) via un PSE et la disparition de plusieurs services, l'objectif étant de fermer le centre actuel pour en ouvrir un plus petit dans le quartier. Une décision que la direction justifie par un déficit financier chronique du centre, qui aurait atteint 1,7 million d'euros en 2024.

Par la mobilisation, les syndicats avaient réussi à contrer le projet jusqu'à l'été. A FO, nous avons toujours refusé de nous prononcer sur un projet que nous estimons illégal, précise Alain Yvkovic, délégué FO du centre médical. Il souligne également qu'une autre solution, qui ne comprenait pas de plan social et qui avait été jugé «viable» par le cabinet d'expertise saisi par le CSE, a été mise de côté par la direction.

Les lettres de licenciements devraient être envoyées à partir du 1er septembre selon le militant. L'intersyndicale devait se réunir à l'issue de la manifestation pour discuter des moyens juridiques à mettre en œuvre pour contrer ce plan social. Il n'y a encore jamais eu de PSE à la Sécu, c'est une première, dénonce Alain Yvkovic.

Plusieurs autres centres touchés

Le centre de santé Stalingrad n'est pas le seul dans le viseur de la CNAM. Celui de Réaumur, dans le centre de Paris, verra lui aussi son service de radiologie définitivement fermé au 1er septembre. Le PSE a été validé en plein mois d'août. Les personnels soignants ont été mis d'office en congés, ils seront licenciés à partir du 1er septembre, a dénoncé Nora Nidam, secrétaire du syndicat FO des organismes de sécurité sociale en Ile-de-France.

En Essonne, deux des trois centres dentaires ont également fermé en deux ans, à Juvisy et Corbeil. On voit disparaître des soins qui ne sont pas pris en charge par certains dentistes car ils ne sont pas rentables. Mais la santé n'a pas à être rentable. Il faut se battre pour maintenir et rouvrir les centres de santé de la CPAM, a lancé Christophe Le Comte, secrétaire de l'UD FO 91 et porte-parole de l'URIF-FO.

Pour les manifestants, ces fermetures de centre sont une illustration concrète des mesures budgétaires envisagées par le gouvernement à l'encontre de la Sécurité sociale. Sur les 44 milliards d'euros d'économies évoquées le 15 juillet par le Premier ministre François Bayrou pour l'an prochain, 5 milliards devraient être réalisées sur le budget de l'Assurance maladie, se traduisant notamment par le doublement de la franchise médicale (qui passerait de 50 à 100 euros par an) par la remise en cause du dispositif des affections de longue durée (ALD) ou par une moindre indemnisation des arrêts maladie.

Lors de sa prise de parole, Christophe Le Comte a également dénoncé les 211 milliards d'euros d'aides publiques versées aux entreprises en 2023, selon un récent rapport d'une commission d'enquête du Sénat. Sur ces 211 milliards, 40 milliards concernent la Sécu. Il faut arrêter les exonérations de cotisations sociales. Si la création de la Sécu a permis l'augmentation de l'espérance de vie, s'attaquer à la Sécu, c'est la réduire. Sans la Sécu, on ne pourra plus se soigner, a-t-il alerté. La Sécurité sociale fête cette année ses 80 ans…

Christophe Le Comte, secrétaire de l'UD FO 91 et porte-parole de l'URIF-FO, devant le siège de la Caisse régionale d'assurance maladie (CRAMIF), à Paris, le 28 août 2025. © Clarisse Josselin