Les négociations salariales pour 2026 s'annoncent tendues. Chez EDF par exemple, les NAO à l'automne n'ont abouti à aucun accord. La direction a décidé unilatéralement en décembre d'appliquer une augmentation individuelle de 1,65%, suscitant la colère de FO. Plus largement, si la bataille pour les hausses de salaire revient chaque année, les difficultés de négociation s'accroissent pour les salariés. En cause notamment, le prétexte pour les employeurs d'une inflation prévue à 1,3% (selon la Banque de France) en 2026, ce qui tirerait les revalorisations vers le bas. Une étude du cabinet Alpha, qui a passé en revue huit cents accords de NAO signés fin 2025, montre ainsi un repli concernant les revalorisations déjà obtenues pour 2026. Et cela pour la troisième année consécutive. L'augmentation salariale moyenne s'élève en effet à 1,73% pour 2026, contre 2,27% en 2025 et 3,5% en 2024. Par ailleurs, selon une étude du cabinet Hays, seules 65% des entreprises envisageraient d'accorder des augmentations en 2026. Et près de la moitié prévoient des hausses inférieures à 2%.
Toujours le tassement des grilles
Depuis le choc inflationniste de 2021, la perte de pouvoir d'achat des salaires est loin d'avoir été totalement comblée. Et désormais, la progression des salaires accuse un net ralentissement. Le salaire mensuel de base (SMB) des salariés du privé n'a progressé que de 0,2% au cours du quatrième trimestre 2025, contre +2% au trimestre précédent, indique la Dares. Sur un an, le SMB a augmenté de 1,7%, mais de moins de 1% en prenant en compte l'inflation (+0,9% sur 2025). Du côté des NAO de branches, les négociations sont âpres pour faire évoluer les minima salariaux conventionnels. Les employeurs «se contentent de remettre en conformité avec le Smic les minima conventionnels, cela conduisant à un tassement des grilles de salaires», soulignait FO lors du dernier comité de suivi des salaires dans les branches en octobre. Alors qu'au sein des grilles conventionnelles, les écarts entre les échelons se réduisent, FO exige toujours le retour à une échelle mobile des salaires afin de lutter contre ce phénomène de tassement. Et donc contre la Smicardisation des salaires.


