À 24 ans, le militant incarne, avec les autres membres du bureau de FO-Jeunes, un renouveau générationnel qui investit le combat collectif via le graphisme et les réseaux sociaux.
A u moment de déterminer son orientation sur Parcoursup, il n'y a pas si longtemps, Clément Pauly avait l'embarras du choix : génie chimique ou fac de droit. S'il a finalement choisi la chimie et atterri entre les murs de Novacarb, à Laneuveville-devant-Nancy (Meurthe-et-Moselle), le jeune opérateur de production, qui travaille en 5x8, ne s'est pas complètement détourné de son rêve d'enfant : devenir avocat. Au dernier congrès confédéral de FO, il a saisi le micro pour livrer un plaidoyer remarqué sur le renouvellement des générations de militants. Investissez dans les jeunes, faites-nous confiance! Donnez-nous les moyens de moderniser nos outils et d'attirer cette nouvelle génération de travailleurs qui ne demande qu'à se battre, à condition qu'on lui parle avec les codes d'aujourd'hui.
Issu d'une famille peu tournée vers le syndicalisme, Clément Pauly a néanmoins développé très jeune son goût des plaidoiries. Défendre ses droits et ceux des autres, peser dans les rapports de force, communiquer, lancer des mouvements… Il y a quelque chose d'impressionnant et de gratifiant dans tout ça.
Mais dans une usine où l'âge moyen ne fait que reculer, la frange la plus juvénile des salariés a parfois une image poussiéreuse du syndicalisme. Autour de lui, les jeunes s'en fichent, se disent que ça ne change rien, ou bien ont peur d'être catalogués et mis au placard
.
Pourtant, il l'affirme : sa classe d'âge est prête à se battre autant que les autres, sinon plus. On est peut-être la première génération à se dire que notre vie personnelle est plus importante que notre vie professionnelle. Si on s'unissait de nouveau, comme à l'époque de nos grands-parents où tout le monde était syndiqué, on serait inarrêtables!
, s'enthousiasme-t-il. Mieux encore : il croit bien avoir identifié le nerf de la guerre. La communication, c'est ce qui fera tout. En tant que jeunes, on sait comment avoir de l'impact.
Lutter contre la résignation
Encarté chez FO depuis novembre 2024, séduit par les valeurs apolitiques
de l'organisation, il initie chez Novacarb un mode de communication plus visuel après avoir bénéficié d'une formation au logiciel Canva, dispensée par l'UD. Là où une communication traditionnelle aurait pu se perdre dans les méandres des boîtes mails de chacun, il bricole des tracts attractifs qui retiennent l'attention et font passer les informations.
Quand la holding Humens, à laquelle appartient Novacarb, décide d'éponger une partie de la dette d'une de ses filiales en difficulté, installée à Singapour, Clément Pauly réagit : Il faut qu'on l'affiche.
Car sous l'effet de ce choix controversé de l'employeur, la prime de participation des salariés s'est vue drastiquement réduite. On a perdu 1 800 euros! Les gens n'auraient jamais été au courant sans ça.
Membre du bureau national de FO-Jeunes, Clément Pauly réfléchit aujourd'hui aux meilleures façons d'aider les UD à se servir des réseaux sociaux. Surtout, il espère que ses efforts de modernisation feront progresser FO aux prochaines élections professionnelles chez Novacarb, où il figurera sur les listes pour la première fois. Avec un mot d'ordre en tête : lutter contre la résignation. Si on prend les devants pour créer un beau mouvement, ça viendra! J'y crois.


