Le mouvement massif, mené sur le territoire lusitanien dans le secteur public comme dans le privé, a souligné le refus des salariés de voir leurs droits dégradés par une réforme du Code du travail. Les syndicats seront reçus par le Premier ministre portugais le 7 janvier.
Une journée durant, toutes les activités ont marqué un temps d'arrêt au Portugal. La grève générale, d'une ampleur inédite depuis douze ans, a paralysé, le 11 décembre, les écoles, les hôpitaux, les transports, la collecte de déchets, et de nombreuses entreprises du secteur privé, dans un très vaste mouvement de protestation contre la réforme du Code du travail. Celle-ci vise, entre autres, à faciliter les licenciements et à limiter le droit de grève. La plus grande usine automobile du pays, appartenant au groupe Volkswagen, a dû suspendre sa production et de très nombreux vols aériens ont été annulés.
Quand les salariés s'expriment, il faut qu'à un moment donné ils soient entendus, sinon cela peut mettre le pays à terre
, résume Branislav Rugani, secrétaire confédéral au secteur International-Europe. Les principales centrales syndicales du pays, l'UGT et la CGTP-IN, se sont félicitées de cette démonstration de puissance collective, la dernière saluant, dans un communiqué, tout particulièrement les milliers de travailleurs, dont beaucoup sont jeunes, qui ont franchi pour la première fois le pas pour participer à la lutte et qui, malgré leur emploi précaire, ont résisté au chantage et aux pressions
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Vers des négociations plus favorables
La centrale a dénombré 3 millions de grévistes à travers le pays (sur une population active de 5,4 millions), chiffre que le gouvernement dément. La grève était par ailleurs soutenue par 61% des Portugais, selon un sondage DN-Aximage publié le 9 décembre. Ces statistiques sans équivoque n'ont pourtant pas empêché le gouvernement de minimiser l'ampleur du mouvement, décrit par le porte-parole du Conseil des ministres, António Leitão Amaro, comme une grève partielle de certains secteurs de la fonction publique
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Mais l'exécutif a bien été obligé de faire un pas vers la négociation, en recevant l'UGT pour une réunion qui a été très productive
selon Mário Mourão, secrétaire général de la confédération syndicale. Le Premier ministre Luís Montenegro recevra également la CGTP-IN le 7 janvier. L'exemple portugais est le signe qu'on peut encore croire au rapport de force
, souligne Branislav Rugani.


