Un arrêté du 20 août étend de quinze à dix-neuf départements l'autorisation d'héberger sous tente des saisonniers agricoles recrutés pour moins d'un mois en été. La FGTA-FO, fermement opposée à cette mesure mise en œuvre sans concertation, dénonce un «passage en force
et engage un recours devant le Conseil d'État.
La dignité, la santé, la sécurité et le repos des travailleurs agricoles ne sont pas négociables
, prévient la fédération FGTA-FO. Elle s'oppose fermement à un arrêté daté du 20 août dernier, et publié au Journal officiel le 25 août, qui étend à quatre nouveaux départements (la Côte-d'Or, le Rhône, la Saône-et-Loire et l'Yonne) l'autorisation d'héberger sous tente, à certaines conditions, des travailleurs saisonniers agricoles recrutés pour moins d'un mois, entre le 1er juin et le 30 septembre. Il remplace un précédent arrêté datant de 1996 et qui concernait quinze départements.
La FGTA-FO a annoncé engager un recours devant le Conseil d'État pour contester ce nouvel arrêté. Elle refuse que l'hébergement sous tente devienne progressivement une solution ordinaire pour loger les travailleurs agricoles et dénonce un passage en force
et une provocation
à quelques jours du début des vendanges.
Mi-juillet, deux organisations syndicales dont la fédération FO avaient écrit aux ministres du Travail et de l'Agriculture pour leur demander de renoncer à toute extension de l'arrêté tant qu'une concertation avec les représentants des salariés sur le sujet n'avait pas eu lieu. Nous n'avons pas eu de réponse et l'arrêté a été publié en catimini en plein été
, dénonce Éric Cadet, secrétaire fédéral à la FGTA-FO, chargé de la production agricole.
Un combat pour les prochaines campagnes agricoles
Le militant revendique un hébergement en dur pour les saisonniers agricoles. Cette exigence est d'autant plus forte que les épisodes de forte chaleur et les risques climatiques se multiplient, et que les travailleurs agricoles sont déjà exposés à des conditions de travail particulièrement difficiles
, souligne la FGTA-FO.
L'arrêté précise qu'avant tout hébergement sous tente, l'employeur doit obtenir une autorisation préalable de l'inspection du travail, qui dispose d'un délai de deux mois pour répondre. Le dispositif a donc peu de chances de s'appliquer cette année. Le combat que nous engageons aujourd'hui est aussi celui des prochaines campagnes agricoles
, prévient la FGTA-FO, qui continuera à demander aux pouvoirs publics de travailler à de véritables solutions d'hébergement dignes, adaptées et pérennes pour les travailleurs saisonniers
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