Finances publiques : le coup de gel inquiétant

Rédigé le 07/05/2026
par Valérie Forgeront, L'inFO militante

Quatre milliards d'économies supplémentaires sur la sphère de l'État et deux sur les administrations de la Sécurité sociale : telle est la décision du gouvernement annoncée le 21 avril, date d'un comité d'alerte des finances publiques.

Quatre milliards d'économies supplémentaires sur la sphère de l'État et deux sur les administrations de la Sécurité sociale : telle est la décision du gouvernement annoncée le 21 avril, date d'un comité d'alerte des finances publiques. Ces mesures supplémentaires de freinage de la dépense, ainsi qualifiées par le Premier ministre, consistent à geler (ou mettre en réserve) des crédits, voire, au final, à les annuler. Il s'agit de répondre au surcoût pour les finances publiques de la guerre au Moyen-Orient, explique le gouvernement qui vise toujours à ramener le déficit public à 5% du PIB cette année. Il chiffre pour l'instant à 3,6 milliards d'euros le surcoût de la guerre sur la dette et rappelle que les mesures partielles de soutien face à la hausse des prix des carburants induisent des dépenses en plus pour l'État.

Près de 180 millions d'euros en mai. Reste que l'an dernier, donc avant la guerre, le gouvernement d'alors avait déjà procédé à un gel de crédit de 3,5 milliards d'euros. En 2024, un autre avait gelé 10 milliards. Pour cette année, le gel ― décidé deux mois après l'adoption à coups de 49.3 de la loi de finances pour 2026 et quatre mois après l'adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale ― nourrit encore les critiques. D'autant que cette privation de moyens, infligée à des administrations subissant déjà l'austérité budgétaire, arrive dans un contexte de difficultés sociales déjà fortes, ce que traduisent les indicateurs économiques.

Fortes craintes chez les ménages

Ainsi la confiance des ménages, laquelle était déjà basse, est en fort recul : avec 5 points en moins sur un mois en avril, c'est le niveau le plus bas depuis 2023. La crainte d'une hausse du chômage augmente de même que celle d'une dégradation du niveau de vie (-6 points, soit au plus bas depuis 2022), ou de la situation financière (perte de 7 points). Alors que les ménages disent craindre une inflation encore plus forte, la part de ceux prêts à engager des dépenses importantes diminue. Or, la consommation des ménages (en recul de 0,6% sur le premier trimestre) est le moteur de la croissance (le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance sur 2026, à 0,9% contre 1%). Dans le même temps, la confiance des entreprises dans le climat des affaires, après avoir connu une embellie en début d'année, recule de 3 points en avril. Ce qui nourrit les inquiétudes sur l'emploi.