Alors que la stratégie de l'EFS prévoit le doublement du volume de collecte des dons de plasma d'ici 2028, aucun recrutement supplémentaire de personnel n'a été prévu pour venir à bout de cette hausse de l'activité. Cela alors que déjà, les salariés sont éprouvés par une dégradation de leurs conditions de travail et doivent effectuer des horaires à rallonge. FO a appelé à la mobilisation le 11 juin. Et rendez-vous est pris pour d'autres actions, pendant l'été et encore dès la rentrée de septembre.
Les salariés n'ont même plus le temps d'aller aux toilettes
, dénonce Steeve Perno, délégué syndical FO au sein de l'Etablissement Français du Sang (EFS). Depuis plusieurs mois, FO dénonce la dégradation des conditions de travail, l'intensification des rythmes et des horaires à rallonge. Au point qu'une grande mobilisation syndicale, à l'appel de FO, s'est tenue le 11 juin dernier.
L'explication des tensions actuelles au sein de l'EFS tient en deux mots : Ambition Plasma. Cette stratégie montée avec le gouvernement prévoit l'augmentation de la collecte des dons de plasma d'ici 2028, plasma qui serait dédié à la fabrication de médicaments, cela avec pour objectif de reconstruire une souveraineté industrielle en ce domaine, et donc d'échapper à la dépendance des États-Unis. Mais ce projet prévoit le doublement des prélèvements sans évoquer le doublement des effectifs au sein des EFS
, pointe le militant.
Quatre patients à gérer par heure
Preuve de l'intensification des rythmes et de la dégradation des conditions de travail, la direction prévoit désormais que chaque infirmière gère quatre donneurs chaque heure. Et ce tout au long de la journée … qui se rallonge : les salariés travaillent en effet désormais jusqu'à 20h le soir en semaine, jusqu'à 19h les samedis et certains dimanches et jours fériés. Ça devient l'usine! Et cela augmente les risques liés à la santé des salariés puisque ceux-ci effectuent des mouvements très répétitifs qui abîment les membres supérieurs
, explique Steeve Perno. Le militant raconte la colère de ces salariés qui ont le sentiment d'être déplacés comme des pions, sans aucune prise en compte de l'impact sur leur vie privée
.
Autre élément de mécontentement : les salaires, toujours plus faibles que dans le secteur privé
. Cette situation combinée à la dégradation des conditions de travail pèse de plus en plus sur le moral des salariés. Auparavant, les salariés venaient à l'EFS pour le contact avec les donneurs et les horaires de travail moins contraignants qu'à l'hôpital. Ils y trouvaient un certain équilibre. Mais cet équilibre est désormais mis à mal par la direction et beaucoup évoquent une envie de partir.
Une journée d'action nationale le 15 septembre
À l'écoute de cette insatisfaction des personnels, Le syndicat FO de l'EFS a lancé un appel à la grève le 11 juin au niveau national. La mobilisation a été historique : pour la première fois, une Maison du don a été entièrement fermée. Le symbole est fort puisqu'il s'agit de celle d'Hazebrouck, premier site de prélèvement de plasma de l'ESF. Dans d'autres Maisons du don, la totalité des personnels étaient en grève. Le mouvement a rassemblé 59% de plus de salariés que celui de 2025, qui était initié par l'intersyndicale. Alors que là, il n'y a que FO qui a appelé à la mobilisation
, souligne Steeve Perno. Parmi les revendications : une concertation collective sur les horaires de travail en prenant en compte les remontées du terrain.
Face à la direction qui continue de faire la sourde oreille, FO entend monter en puissance au plan de la mobilisation. Ainsi, depuis l'action du 11 juin, d'autres dates, qui ponctueront l'été et la rentrée de septembre, ont d'ores et déjà été arrêtées. Le syndicat FO de l'EFS appelle ainsi à une journée d'action nationale le 15 septembre avec des rassemblements devant les Maisons du don sur tout le territoire. L'idée est de sensibiliser les donneurs aux conditions de travail des salariés
, explique Steeve Perno. Il ne s'agit pas de bloquer tous les dons. Afin de contribuer au maintien des stocks tout en soutenant les revendications des salariés, les donneurs sont invités, lorsque cela leur est possible, à privilégier les créneaux de collecte situés entre 8h et 16h du lundi au vendredi
, indique le syndicat dans un communiqué.


