En dépit de la démographie et des atermoiements du gouvernement, le régime (obligatoire) de retraite complémentaire des contractuels du secteur public (Ircantec) se porte bien. Son président (FO), Jean-Christophe Couvy, attribue ces bons résultats aux vertus du paritarisme de gestion.
L'Ircantec, le régime de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques, des fonctionnaires à temps non-complet (moins de 28 heures par semaine) et des élus, présentait, le 2 juillet à Paris, ses résultats. Ils sont bons.
Régime par points et par répartition, présidé alternativement par un représentant des organisations syndicales (actuellement FO) et par un représentant des employeurs publics, l'Ircantec compte 3,2 millions de cotisants pour 2,4 millions d'allocataires, soit un ratio cotisants/retraités de 1,3 (contre 1,59 pour le régime de base en 2023).
L'Ircantec affiche en 2025 un résultat positif de 1,1 milliard d'euros (1,3 Md€ en 2024) et détient 18,6 Md€ de réserves. De bons résultats et un avenir solide, rassurant pour les pensionnés et les futurs pensionnés, analyse Jean-Christophe Couvy, le président (issu du syndicat FO Un1té) de l'institution. Il met cette situation positive à l'actif d'une gestion à 30 ans, en bon père de famille, et selon un mode paritaire
.
Deux règles de solvabilité à long terme
Les gestionnaires de l'Ircantec doivent respecter deux règles : avoir en caisse l'équivalent financier d'une année et demie de prestations et pouvoir garantir le paiement de ces prestations, par les cotisations et la réserve, sur une durée de 30 ans. Or le régime, comme d'autres, doit faire face au vieillissement de la population. Avec deux conséquences principales. Des demandes de retraites de plus en plus nombreuses : 331 800 nouvelles demandes en 2025 contre 193 400 en 2016, soit un quasi doublement. C'est une évolution énorme qui a supposé une automatisation
du traitement des demandes, explique Alain Paquin, responsable du service de la vie sociale des régimes à la Caisse des dépôts et consignations, qui assure la gestion au quotidien de l'institution. Nous avons maintenu la même qualité de prestation
, déclare Jean-Christophe Couvy. L'automatisation permet en outre de lutter contre le non-recours
, assure Alain Paquin.
La problématique du vieillissement
L'autre conséquence du vieillissement de la population est que les dépenses (versement des prestations) du régime complémentaire (4,6 Md€ en 2025; +6% par rapport à 2024) progressent plus vite que ses recettes, provenant des cotisations, (4,9 Md€; +2,6% / 2024). S'il est toujours largement positif, le résultat du régime est donc toutefois en baisse. Prenant en considération l'obligation de l'institution de respecter les deux règles de solvabilité de long terme, les administrateurs ont décidé, fin 2025, d'une augmentation des cotisations.
Plus précisément, les cotisations employeurs et salariés passeront d'un taux de 5,6% actuellement à 5,9% en 2029 sur les premières tranches de salaire; et de 15,6% à 16,3% en 2029 sur les tranches supérieures. Nous avons trouvé un terrain d'entente tardivement dans la nuit, La situation des collectivités est difficile, leurs finances sont asséchées
. Le gouvernement a en outre imposé aux employeurs territoriaux une hausse de leurs cotisations, à hauteur de douze points, à la caisse nationale de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL), très déficitaire.
Retard gouvernemental
Les administrateurs ont également décidé que les pensions versées par l'Ircantec augmenteront au même rythme que l'inflation en 2026 et 2027, mais qu'elles seront sous-indexées de 0,3 point en 2028 et 2029, si c'est nécessaire pour tenir les critères, sans toutefois jamais baisser en valeur absolue. Nous sommes capable d'une gestion saine afin de garantir les retraites
, déclare Jean-Christophe Couvy. C'est la vertu du paritarisme
, par opposition à une gestion par l'État, analyse-t-il.
Car 2025 a mal commencé, rapporte le président de l'Ircantec. Le conseil d'administration a été installé avec six mois de retard; le gouvernement ne nous a jamais dit pourquoi
. De ce fait, la convention d'objectifs et de gestion avec l'État, qui encadre le fonctionnement de l'institution pendant quatre ans, n'est toujours pas signée. Cela signifie qu'il faut nous justifier chaque mois
, explique Christophe Couvy. Mais le régime est tenu. Nous travaillons, que l'administration soit lente n'est pas notre problème
, conclut-il.


