Verallia : fournisseur d'entreprises de cognac, le verrier supprime des emplois

Rédigé le 09/03/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Le fabricant de bouteilles, notamment pour des maisons de cognac, Verallia vient d'annoncer la suppression de trois cent soixante emplois en Europe, dont soixante en France, d'ici juin, sur son site charentais de Châteaubernard. Dans le cadre du plan de départs volontaires qui s'annonce, FO entend négocier des mesures conséquentes pour les salariés concernés.

La crise du marché de certains alcools impacte l'industrie du verre. Le 17 février, le verrier français Verallia, troisième fabricant mondial de bouteilles en verre pour les boissons alcoolisées, a annoncé la suppression de 360 emplois en Europe. En Allemagne, l'usine d'Essen, qui fournit les bouteilles pour Heineken, va fermer, avec 300 postes supprimés. En France, le groupe réduit les effectifs. L'un des trois fours de l'usine de Châteaubernard, en Charente, va fermer d'ici fin juin, entraînant la suppression de 60 emplois. Le site, qui compte 280 salariés, fabrique des bouteilles de verre blanc pour les grandes maisons de cognac situées à proximité. Verallia justifie cette restructuration par une réduction de la consommation d'alcool en Europe, de - 4% depuis 2019, et une baisse des exportations de ses clients, aux prises depuis près de deux ans avec des méventes aux États-Unis et en Asie. Sur les quatre derniers mois de 2025, les ventes de cognac ont reculé de 38%, ce qui est très étroitement lié aux taxes douanières fixées par les États-Unis, notait fin 2025 le Bureau national interprofessionnel du cognac. Les taxes sont passées à 10% au lieu de 3,5%, puis à 15%. Depuis deux ans, le secteur a subi aussi la crise des taxations chinoises (une taxe temporaire à 34,8% avait été décidée par la Chine en octobre 2024) avant que, face à la pression française, dans laquelle FO a pris toute sa part, le pays revienne l'été dernier sur sa décision et que soit prise la direction d'un accord sur des prix minimaux négociés pour les cognacs français exportés. Autant dire que ces crises ont des répercussions aussi sur tout l'environnement de la production de cognac. Ainsi chez Verallia. Mais ce n'est pas la seule raison. L'usine de Châteaubernard produit plus qu'elle ne vend. On voit bien que les ventes de cognac ont baissé. Toutefois, il ne faut pas oublier que Verallia ayant des actionnaires, ce plan vise aussi la rentabilité! Le four vieillissant de l'usine devait être remplacé par un autre électrique, ce projet a été gelé, explique Walter Cosenza, délégué FO chez Verallia, qui déplore ces suppressions d'emplois. Le groupe (ex-filiale de Saint-Gobain), racheté l'an dernier par une holding brésilienne, dit vouloir renforcer sa compétitivité avec cette restructuration européenne. Au niveau mondial, il vient d'annoncer un chiffre d'affaires 2025 en baisse de 3,6% mais qui reste conséquent, à 3,33 milliards d'euros. Le verrier emploie 11 000 salariés dans le monde, dont 2 000 en France.

Inquiétude pour l'avenir du site

Pour les soixante salariés concernés sur le site de Châteaubernard, Verallia a annoncé vouloir négocier un plan de départ volontaire autonome, hors PSE. Le calendrier des négociations n'est pas encore fixé. On attend d'en savoir plus. Mais nous serons vigilants sur les mesures qui seront proposées pour ces départs. Beaucoup de salariés ont fait toute leur carrière ici. Il faut que ceux qui partiront aient des primes très attractives, insiste Walter Cosenza. Autre revendication : dans cette usine où la moyenne d'âge est de 45 ans, certains salariés proches de la retraite sont éligibles au départ anticipé pour carrière longue. On ne veut pas qu'ils soient lésés sur ce droit s'ils sont licenciés plus tôt. Il faudra des mesures de financement en matière de préretraite. Les conditions doivent être sécurisantes. Les syndicats restent inquiets pour l'avenir du site : Éteindre un four, ce n'est pas rien. Si le marché du cognac baisse encore, les salariés risquent d'en subir les conséquences. On fera notre maximum pour les protéger, assure Walter Cosenza.