Dans le Vaucluse, FO tire la sonnette d'alarme après la détection d'amiante dans 169 établissements scolaires. Mais le département est loin d'être une exception quant à la présence d'amiante dans les bâtiments scolaires. Une enquête de l'Éducation nationale, en France, plus de 80% des établissements sont concernés par la présence de l'amiante. FO revendique entre autres des moyens pour mener les travaux nécessaires de désamiantage.
Encore trop peu documentée, la présence de l'amiante (matériau d'isolation interdit en France depuis 1997) est bien réelle dans les bâtiments des écoles, collèges et lycées. Ce qui inquiète l'ensemble de la communauté éducative. Dans le Vaucluse, FO a lancé une grande enquête sur les établissements scolaires. De l'amiante a été repérée dans 169 établissements sur les 431 que compte le département. De fait, 39% des écoles, collèges et lycées sont concernés
, indique Etienne Raoul, secrétaire de l'union départementale. FO demande que soit réalisé au plus vite un désamiantage dans ces établissements.
Un taux d'exposition de près de vingt fois supérieur à la norme
Dans le Vaucluse, la mesure prise de l'étendue de la présence d'amiante dans les bâtiments scolaires démarre en février 2024 au sein du lycée professionnel de l'Argensol à Orange. Lors d'un changement de l'éclairage dans un atelier, de la poussière s'est répandu partout. Après analyse, le personnel a découvert qu'il avait été exposé à des quantités de fibres d'amiante largement supérieures à la normale, près de 20 fois les normes
, relate Etienne Raoul. Cette situation a eu l'effet d'une véritable prise de conscience pour FO qui a lancé cette grande enquête sous la forme d'un livre noir de l'amiante dans les établissements scolaires.
En parallèle, l'UD-FO continue de se battre, en compagnie des enseignants de l'établissement, pour l'obtention, auprès de l'éducation nationale une fiche de reconnaissance d'exposition importante à l'amiante. Ce document serait important en cas de déclenchement d'une maladie grave ou chronique chez les personnes exposées. Mais plus de deux ans après, le dossier demeure bloqué. Pire encore, à notre connaissance, il n'y a pas eu d'information spécifique adressée aux élèves et aux familles.
Plus de 80% des établissements scolaires concernés en France
Plus largement, selon une grande enquête lancée par le ministère en 2024, plus de 80% (autour de 82%) des établissements français seraient au moins partiellement concernés par la présence de l'amiante. On a un vrai problème pour évaluer et chiffrer la présence
, de ce produit minéral aux fibres cancérigènes, pointe Maxime Sanchez, secrétaire fédéral qui suit le sujet pour la FNEC FP FO. De fait, le ministère ne cite que les établissements ayant répondu à l'enquête.
Alors que les dossiers techniques d'amiante (DTA), informant sur la présence du produit dans les bâtiments, se mettent en place petit à petit, sur les 70 000 écoles du territoire, environ 50% ont un DTA
indique le militant.
Encore faut-il que les acteurs sachent comment remplir ce document. Or, le ministère renvoie la responsabilité aux personnels de direction qui, en plus d'être déjà sous l'eau, ne sont pas des techniciens en ce domaine
, rappelle Maxime Sanchez. Par ailleurs, une fois remplis et complets, ces documents doivent être suivis de travaux lorsqu'il y a nécessité, insiste FO. Ce qui ne semble pas aller de soi. Ainsi, lors de la visite d'un collège dans le Pays basque, le secrétaire national délégué de la FNEC FP FO a vu un document DTA en salle des profs. Il était écrit noir sur blanc que la présence d'amiante avait été relevée dans les poteaux et le plafond mais la dernière mesure datait de 2003! Rien n'avait été fait depuis et pas même une seconde mesure.
Pour le militant, l'enjeu est désormais de professionnaliser l'expertise sur l'amiante dans les bâtiments scolaires via l'embauche d'inspecteurs de santé et de sécurité au travail spécialisés
mais aussi en débloquant les moyens nécessaires pour les travaux lorsque la situation l'exige. Le ministère a commencé à s'emparer de ce sujet et petit à petit, les choses bougent,Mais, comme toujours, il y a une problématique de budget
. Dans trente établissements du Vaucluse, des travaux ont bien été préconisés mais n'ont pas été effectués, s'insurge l'UD-FO.


