Communiqué de la FEC-FO - Section Commerce & VRP
À l'issue de la consultation du CSE central, les organisations syndicales ont obtenu la liste des magasins concernés par la restructuration sur fond de fermetures, cessions ou encore franchises.
Plusieurs sites seront vendus à LIDL, concurrent direct, signe que le commerce est rentable et l'emplacement plébiscité…
Fidèle à un argumentaire désormais bien connu dans les restructurations, la direction avance une baisse d'activité et un coût du travail trop élevé. Pourtant, les comptes 2024 de la société qui exploite les magasins font apparaître plus de 4,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour une perte d'environ 50 millions d'euros. Mais l'activité commerciale demeure : il s'agit moins d'une disparition du commerce que d'une transformation de son organisation.
Avec 2,6 milliards d'euros d'achats, la marge peut se jouer avant même l'arrivée des produits en magasin puisque, si les magasins supportent les coûts d'exploitation, leur valeur économique remonte dans le groupe.
Avec plus de 600 millions d'euros de réserves au niveau de l'enseigne, Monoprix apparaît comme un pilier financier du groupe Casino alors que la pression se sur-concentre sur les salariés. Alors qu'une holding est censée porter l'entreprise, ici ce sont les magasins qui portent la holding.
Cette évolution intervient après la réorganisation engagée au siège de l'enseigne. Dans le réseau, elle prend une autre forme : suppression du niveau d'encadrement intermédiaire, transformations de postes, mobilités imposées, multiplication de procédures disciplinaires individuelles, tous les moyens sont bons. Cette réduction du réseau crée d'ailleurs un jeu de chaises musicales sur les postes d'encadrement, certains cadres se retrouvant progressivement poussés vers la sortie.
C'est dans ce contexte que la Section fédérale FEC FO Commerce & VRP a sollicité une rencontre avec la direction des ressources humaines afin d'évoquer ces difficultés. Cette demande reste à ce jour sans effet alors que des élus ont été mis en cause pour leurs communications dans le cadre d'un droit d'alerte et de l'exercice normal de leur mandat. Là encore, derrière une image de proximité, les salariés vivent une mise à distance, preuve d'un dialogue social fortement dégradé et d'une mauvaise volonté évidente de la Direction d'apaiser la situation malgré le contexte difficile.
Comme nombre de grandes enseignes, notamment du commerce de détail, le groupe bénéficie d'allègements de cotisations et de dispositifs publics de soutien économique. Le tout se chiffre à plusieurs millions, une question d'intérêt général se pose donc : ces mécanismes ont-ils vocation à maintenir l'emploi ou à accompagner sa sortie progressive de l'entreprise?
La Section fédérale FEC FO Commerce & VRP dénonce un grand classique du libéralisme contemporain : des groupes solides financièrement, mais des emplois toujours fragilisés avec des salariés toujours plus précarisés.


