L'entreprise Sapian, spécialisée dans la désinfection et la dératisation, a négocié un nouvel accord moins-disant sur le temps de travail. Les techniciens perdront des jours de repos, contre une augmentation de 2,5%. Cela ne peut convenir, dénonce la FEETS-FO.
Les 7 000 salariés de la branche de la désinfection, de la désinsectisation et de la dératisation (3D), qui travaillent dans des conditions difficiles, font désormais face à des employeurs qui dénoncent des accords sur le temps de travail au nom de la compétitivité, dénonce la FEETS-FO. C'est le cas chez Sapian, l'un des poids lourds du secteur (1 500 salariés), où la direction a dénoncé l'an dernier un accord sur le temps de travail. Contre l'avis des militants FO, et malgré une grève le 14 septembre, la direction a signé le 23 septembre, avec deux syndicats, un nouvel accord moins-disant sur le temps de travail.
Auparavant, les techniciens de Sapian alternaient une semaine de quatre jours de travail avec une semaine de cinq jours. Ils bénéficiaient ainsi de 22 jours non travaillés dans l'année et de 6,5 jours de RTT annuels. Soit 28,5 jours par an. Dans l'accord qui s'appliquera en janvier 2027, la direction fait grimper les RTT à 12,5 jours, et avec des jours de repos en moins.
Le compte n'y est pas!
En guise de compensation, l'accord prévoit une hausse des salaires de 2,5%. Et un éventuel intéressement (1 200 euros par an maximum), qui plus est soumis à la réalisation d'objectifs. Du repos en moins contre 2,5% d'augmentation, le compte n'y est pas, dénonce la FEETS-FO : Cette compensation salariale est clairement insuffisante. Sapian fait du chantage aux résultats. Son objectif est clairement d'augmenter ses marges en faisant travailler davantage les salariés et en les payant moins
, dénonce Malvina Caubère, secrétaire fédérale de la FEETS-FO chargée de la branche 3D.
L'entreprise rogne aussi sur la rémunération des trajets lors des interventions chez les clients. Les trajets de plus d'une heure ne seront pas plus payés chaque mois, mais bloqués sur un compteur jusqu'à l'année suivante. Dans ce secteur où les salariés débutent souvent au Smic, les employeurs font tout pour casser l'attractivité des métiers de la désinfection
, pointe la secrétaire fédérale.


