Afin de simplifier
sa production, le fabricant d'équipements électriques Legrand prévoit de fermer quatre sites et de transférer une partie des salariés sur quatre autres. Secrétaire du syndicat FO-Legrand-Limousin, Angélique Dauge signale 74 suppressions de postes et craint des mobilités difficiles.
Le groupe Legrand se porte bien mais va supprimer des emplois en France. Les représentants des salariés du spécialiste des équipements électriques l'ont appris lors d'un comité social et économique (CSE) qui s'est tenu le 23 juin. Selon le projet présenté par la direction début juin, quatre sites de production représentant 178 postes fermeraient d'ici à la fin 2028 : Pont-en-Royans (Isère); Lagord (Charente-Maritime); Confolens (Charente) et Châlus (Haute-Vienne). D'un autre côté, a expliqué la direction au CSE, 104 postes seraient créés dans quatre sites existants : Magré (Haute-Vienne); Sitel (Haute-Vienne); Sillé-le-Guillaume (Sarthe) et Saint-Marcellin (Isère). Les 74 postes supprimés correspondraient à des départs à la retraite
, explique Angélique Dauge, trésorière du CSE, secrétaire du syndicat FO-Legrand-Limousin.
Négocier le meilleur PSE possible
Les syndicats et la direction disposent légalement de trois mois pour négocier un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Mais le mois d'août a été neutralisé du fait des congés d'été; le CSE sera donc consulté fin octobre
, signale la militante.
En ce début de négociation, la direction propose, sur la base de l'accord existant sur la gestion prévisionnelle des emplois, des reclassements internes comprenant des aides à la mobilité, de la formation, des possibilités d'immersion dans les sites d'accueil, des aides à la recherche d'emploi pour le conjoint... Et des reclassements externes assortis d'aides à la recherche d'emploi et à la création d'entreprise, de congés de fin de carrière, de départs à la retraite...
FO est contre les fermetures de sites, mais c'est à nous de négocier afin que tout le monde s'en sorte le mieux possible
, déclare Angélique Dauge. Selon elle, la direction semble prête à en remettre un peu sur la table
. Un CSE le 21 juillet.
Des mobilités difficiles
Les salariés reclassés ne seraient pas tous logés à la même enseigne. Ceux travaillant à Pont-en-Royans et leur activité seraient transférés sur le site de Saint-Marcellin, distant d'une quinzaine de kilomètres. C'est le seul site sur lequel la restructuration n'a pas d'impact
, explique Angélique Dauge. En revanche, le site de Sitel, prévu pour reprendre les activités de celui de Lagor, est distant de 250 kilomètres. Autre situation : Certains salariés travaillant en journée sur le site de Châlus passeraient en 3X8
, pointe la secrétaire du syndicat FO. Nous savons que la mobilité ne sera pas simple
, déclare-t-elle.
Au nom de la compétitivité
Salariée à Châlus, Angélique Dauge témoigne qu'elle et ses collègues ont été très surpris d'apprendre la fermeture du site, qui tourne très bien, qui n'a jamais réduit le travail intérimaire et qui avait réalisé des travaux
. D'une manière générale, le groupe Legrand se porte bien. Dans une publication financière du mois de mai, Benoît Coquart, son directeur général, se réjouissait de la croissance soutenue
du chiffre d'affaires et de résultats financiers très solides
.
La restructuration des sites français n'est pas dictée par des motifs économiques mais vise à simplifier l'organisation des activités de production, à favoriser l'émergence de nouveaux centres d'excellence et à renforcer la compétitivité du
, explique la direction dans son communiqué début juin. fabriqué en France
Legrand veut supprimer à terme les petits sites
, traduit Angélique Dauge. Le 22 juin, veille du CSE, les salariés des sites prévus pour fermer ont manifesté à l'appel de l'intersyndicale.


