Les établissements publics de santé se trouvent dans une situation financière d'une gravité inédite
, avec des pertes qui creusent le déficit (évalué à 3,1 milliards d'euros en 2024) d'un milliard d'euros supplémentaire par an depuis deux ans, indique un rapport de l'inspection générale des finances (IGF) et des affaires sociales (IGAS). Un autre, de l'IGAS seule, publié aussi le 18 février, pointe l'insuffisante compensation par l'État des mesures salariales dans les hôpitaux entre 2020 et 2024. Cela les a privés de ressources à hauteur de 1,7 milliard d'euros fin 2024, dont 1,1 milliard dû à la moindre compensation de l'évolution des carrières des agents (avancement et ancienneté) et des mesures du Ségur.
Vers une réorganisation territoriale
Quelles solutions proposent ces rapports pour résoudre les difficultés financières des établissements? Non pas plus de moyens budgétaires mais un changement d'échelle
, soit d'aborder les enjeux d'efficience au niveau du territoire et plus uniquement de l'établissement
. Il faudrait développer encore l'ambulatoire et l'hospitalisation à domicile, la mutualisation des fonctions support et des services médicotechniques au sein des GHT (groupements hospitaliers territoriaux) et plus largement réaliser une réorganisation territoriale de l'offre de soins pour en assurer une meilleure gradation
. Il y aura prochainement un plan «Efficience hospitalière 2026-2029», indique le gouvernement. Un plan piloté à l'échelle nationale par le Premier ministre
, et décliné à l'échelle régionale par les ARS en engageant les GHT à travers des contrats de consolidation préparés et signés par eux
. Une sorte d'assentiment à l'austérité? La fédération FO-SPSS, qui a déposé un préavis de grève courant jusqu'au 30 juin, remarque de son côté : Entre l'austérité budgétaire imposée aux établissements de santé par un ONDAM structurellement insuffisant depuis des années, et un ministère qui ne répond pas aux revendications que nous portons, la tension sociale ne cesse de monter.


