Pascal Miralles, nouveau secrétaire général de la Fédéchimie FO, un militant attaché au terrain

Rédigé le 05/07/2026
par Clarisse Josselin, L'inFO militante

Pascal Miralles, 56 ans, a été élu le 9 juin secrétaire général de la Fédéchimie FO par le comité national fédéral. Dans un contexte de restructurations et de politiques d'austérité, il œuvrera à développer une fédération combative, proche du terrain, pour en faire un outil au plus près des attentes des militants.

Samedi, je mettrai le réveil à 3 heures du matin pour prendre mon poste en quart. Je travaille encore à l'usine une semaine sur cinq, pour ne pas être déconnecté de la réalité du travail, explique Pascal Miralles, qui a été élu le 9 juin secrétaire général de la Fédéchimie FO à l'unanimité du comité national fédéral, réuni à Paris sous la présidence de Frédéric Souillot. Ce père de deux grands enfants prend la succession d'Hervé Quillet, parti en retraite.

Pascal travaille depuis 2000 dans l'ancienne usine Péchiney de Vénissieux, dans le Rhône, devenue aujourd'hui Tokai COBEX Savoie. Il est opérateur dans les fours de cuisson des cathodes utilisées dans les cuves d'électrolyse de l'aluminium.

Il a adhéré à FO peu après son arrivée comme intérimaire. J'étais affecté à un atelier pilote. Les conditions de travail étaient déplorables et le salaire pas forcément à la hauteur. FO a été le seul syndicat à porter nos revendications, explique-t-il. Il prend rapidement des mandats à l'échelle de l'usine, puis de l'entreprise, avant de rejoindre la fédération pour négocier la convention collective. Il était depuis quelques années secrétaire fédéral de la branche chimie.

Le militant espère que ses nouvelles fonctions lui laisseront le temps de retourner régulièrement à l'usine. D'autant qu'il redoute une restructuration prochaine et tient à être aux côtés des salariés quand les annonces tomberont. Je veux être dans la bagarre pour sauver l'emploi, poursuit Pascal, qui a déjà connu pléthore de rachats-ventes.

Il garde notamment en mémoire la «grève énorme» menée en 2015 lors de la cession du site par Rio Tinto à un fonds de retournement. La mobilisation, suivie à 95%, y compris par les membres de la direction, avait duré deux mois. On a obtenu 250 millions d'euros d'investissements pour permettre au repreneur de tenir dans la durée. C'est d'ailleurs grâce à ça que le site existe toujours, souligne-t-il.

Déployer les unions syndicales départementales

C'est avec un esprit combatif, mais aussi rassembleur, qu'il aborde son nouveau mandat, dans un contexte de restructurations, de fermetures de sites, de délocalisations, de financiarisation de l'économie et de politiques d'austérité qui fragilisent l'industrie et l'emploi. On est dans l'œil du cyclone, à part l'atome et le pétrole, tous les secteurs ramassent, poursuit le militant qui s'inscrit dans la nécessité d'une réindustrialisation et plaide pour un conditionnement des aides aux entreprises. Et si c'est une question de souveraineté nationale, on doit pouvoir parler de nationalisation temporaire, ajoute-t-il. Il œuvrera à une fédération combative, un outil pour tous au plus près des attentes des militants, et fidèle à l'indépendance syndicale, dans le respect du mandat donné par la base.

Il compte aussi poursuivre le déploiement des unions syndicales départementales, déjà en place dans une dizaine de départements. C'est un espace de discussion et un outil dont les camarades se saisissent, ils arrivent avec des problèmes et repartent avec des solutions, se félicite-t-il.

Autre sujet majeur, le développement. Il y a des secteurs dans lesquels on a progressé comme la plasturgie, le verre ou le pétrole, mais on n'est pas à la hauteur à laquelle on devrait être dans d'autres secteurs. On a perdu la représentativité dans le verre mécanique à quarante voix près. Mais on a des pistes, et un syndicat se remonte chez Arc, ajoute Pascal.

Pour cela, il projette notamment de mettre en place une application pour smartphone proposant des informations fédérales mais aussi un espace à la main des syndicats, pour leur permettre de mieux communiquer.