Sur le terrain, les agents et militants FO font face aux conséquences de textes budgétaires actant de nouvelles baisses dans les dépenses publiques. Ils poursuivent le combat pour améliorer leurs conditions de travail et les services rendus aux usagers.
L'austérité se poursuit dans la sphère publique, et après l'adoption des deux lois budgétaires, la recherche d'économies à tout-va se décline dans diverses annonces.
Ainsi, dans l'Education nationale, le ministère a déclaré le 26 janvier, la suppression de 2229 postes dans le premier degré et 1803 dans le second degré. De même, alors que les organisations syndicales étaient réunies au ministère de la Santé pour un Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière, elles apprenaient par voie de presse qu'une mission était confiée aux trois grandes inspections de l'État (Finances, Affaires sociales et Administration) sur l'ensemble des primes et indemnités des agents publics. La lettre de mission évoquerait l'identification d'économies dites «substantielles».
Parents et enseignants manifestent
Pourtant partout en France, les services publics crient leur manque de moyens, ce qui comprend les problèmes de manque de es postes et de non revalorisation des salaires des agents.
Côté scolaire, une première manifestation régionale a eu lieu devant le rectorat de Paris le 10 février pour demander l'annulation des fermetures de classes et la baisse des effectifs par classe en Ile-de-France. Une autre manifestation – intersyndicale – s'est tenu le 17 février. Dans les Hauts-de-Seine, les enseignants du collège Pompidou ont fait grève les 2 et 3 février revendiquant 4 postes d'assistants d'éducation, une classe en plus par niveau de Segpa, le remplacement des personnels absents et le rétablissement des demi-groupes. En Guadeloupe et en Martinique, les enseignants ont fait aussi grève le 3 février contre les suppressions de postes et fermetures de classes et contre un décret qui réduit, voire supprime, leur majoration de traitement (surnommée prime de vie chère) durant un arrêt longue maladie.
A l'hôpital, le manque de lits
A l'hôpital aussi les agents se mobilisent. Les urgentistes du CHU d'Angers sont en grève depuis le 19 janvier. Les habitants ont rejoint leur manifestation devant la mairie de la ville le 14 février. Ils demandent la pérennisation de l'unité temporaire de tensions hospitalières composée de dix lits ouverte quelques jours plus tôt et la création d'un poste d'aide-soignant 24h/24 et 7 jours sur 7. Des patients attendent parfois plus de dix jours dans nos couloirs. Toutes les nuits certains dorment dans un couloir sans chauffage, dans des conditions indignes. (...) C'est la conséquence du manque cruel de lits d'aval et d'effectifs qui ne permettent plus aujourd'hui de garantir la dignité et la sécurité des patients
ont écrit les soignants à leur directeur. FO santé a par ailleurs déposé un préavis de grève national du 2 février au 30 juin.
Mobilisation aussi à la territoriale
Dans le versant territorial, les agents du service des eaux et de l'assainissement de Saint-Nazaire agglomération ont fait grève les 4 et 12 février à l'appel de FO. Ils déplorent une différence de 89 euros par rapport à la rémunération des agents des autres services (entretien, garage, bâtiment...). Différence qui serait liée au recalibrage dans ces services des postes d'adjoints technique en agents de maîtrise non encadrants. FO se mobilise depuis deux ans pour que les agents du service des eaux bénéficient également de ce recalibrage.
Des victoires dans les Yvelines et à Saint-Nazaire
Au moins deux des combats qui émaillent le territoire ont trouvé une issue positive. A l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Porcheville (qui relève de la PJJ), où un préavis de grève illimité avait été lancé, à compter du 11 février, trois recrutements ont été obtenus et les agents contractuels devraient voir leur situation s'améliorer grâce à la signature de CDI ou de contrats plus longs. Ce qui ne revient pas cependant à acter leur titularisation. Un directeur de service remplaçant l'actuel en arrêt longue durée sera également recruté.
Plus à l'Ouest, à Saint-Nazaire, le préavis de grève déposé par FO aux urgences de l'hôpital à compter du 29 janvier a été levé in extremis grâce à la signature d'un accord permettant le déploiement de 16,5 équivalents temps plein (soit une dizaine de postes pour des soignants travaillant en douze heures). FO en revendiquait 27. C'est un premier pas et les militants demeurent mobilisés.


