Désindustrialisation, pertes d'emplois, incendies : l'Argentine sous tension

Rédigé le 29/01/2026
par Fanny Darcillon, L'inFO militante

Les conséquences de l'austérité se font sentir de plus en plus durement dans le quotidien des Argentins, alors que des entreprises ferment quotidiennement dans le pays.

L es finances publiques excédentaires pour la deuxième année consécutive et une inflation à son plus bas niveau depuis huit ans (bien qu'elle soit toujours à hauteur de 31,5%) : le gouvernement argentin se félicite de ses résultats économiques et a même obtenu les compliments du Fonds monétaire international (FMI). Élu en novembre 2023 sur la base d'un programme ultralibéral, le président Javier Milei n'a eu de cesse de couper à la tronçonneuse les dépenses de l'État – tant du côté des services publics que des subventions aux secteurs privés stratégiques.

S'il se targue d'obtenir des résultats, les Argentins attendent toujours pour leur part d'en voir l'impact dans leur quotidien. À rebours du discours présidentiel qui prétend maintenir le cap, le chef de cabinet des ministres, Guillermo Francos, a déclaré qu'il était temps de faire des autocritiques, d'analyser nos échecs et de comprendre pourquoi les résultats macroéconomiques n'atteignent pas la population.

C'est peu dire : au premier trimestre 2025, le taux de chômage s'établissait à 7,9%, son plus haut niveau depuis la pandémie de Covid-19. Une part croissante de la population est contrainte d'occuper plusieurs emplois pour gagner de quoi vivre (12,4% fin 2024). Des entreprises ferment quotidiennement dans le pays. Selon les estimations, entre 100 000 et 250 000 emplois formels ont disparu sous la présidence Milei (dont au moins 55 000 postes de fonctionnaires), favorisant l'économie informelle.

Un boom de l'économie informelle

Les recettes austéritaires ont porté un grave coup au tissu industriel. Mi-2025, la Confédération des syndicats industriels de la République d'Argentine (CSIRA) s'alarmait déjà de la désindustrialisation accélérée en cours dans le pays : L'Argentine s'oriente vers une économie reprimarisée, exportant des ressources sans développer de chaînes de valeur. Le gouvernement assume en effet se concentrer sur l'industrie minière, l'agriculture et l'énergie, laissant couler l'industrie et les services publics. Alors que des incendies ravagent la Patagonie argentine, d'autres critiques émergent : depuis 2023, le budget du service national de gestion des feux a dégringolé de 69%.