Pour Force Ouvrière, la réindustrialisation commence par un principe clair et non négociable : nous sommes opposés aux délocalisations d'entreprises, en particulier lorsqu'elles sont financées par de l'argent public. On ne peut pas parler de réindustrialisation tout en laissant se multiplier les fermetures de sites, les transferts de production et les suppressions d'emplois qui affaiblissent durablement les territoires.
Après des décennies de désindustrialisation, les conséquences sont lourdes : perte d'emplois qualifiés, disparition de savoir-faire, fractures territoriales et fragilisation des services publics. Sans industrie, il n'y a ni politique de territoire, ni développement économique durable, ni hôpitaux, ni écoles, ni infrastructures, ni ressources suffisantes pour financer les missions de service public.
C'est dans ce contexte que le secteur Économie et Service public de la confédération a engagé un cycle de travaux, en invitant les fédérations qui siègent dans les comités de filières à y participer activement, afin de construire des analyses partagées, des revendications solides et des actions capables de peser sur les choix de politique industrielle.
La première réunion, organisée le 9 décembre, a permis de dresser un état des lieux sans concession de la situation de l'emploi industriel et de l'avenir des filières. Le constat est alarmant : fermetures de sites, délocalisations et stratégies de court terme menacent l'appareil productif. Ce travail a rappelé une évidence : sans industrie, il n'y a pas de cohésion sociale ni d'aménagement équilibré du territoire. Il a aussi souligné la nécessité de redonner toute leur place aux organisations syndicales au sein du Conseil national de l'industrie (CNI) et de ses comités de filière.
La deuxième réunion, le 20 janvier, a été consacrée à la construction du cahier revendicatif FO, nourri par les contributions des fédérations. Force Ouvrière y porte des exigences claires : conditionnalité stricte des aides publiques, refus de financer les délocalisations, rôle stratégique de l'État, sécurisation de l'énergie, protection contre la concurrence déloyale, renforcement du dialogue social et sécurisation de l'emploi.
Ces positions ont déjà trouvé une traduction concrète avec un premier communiqué des organisations syndicales membres du CNI et une intervention FO lors du CNI du 15 décembre, rappelant l'urgence d'agir face aux menaces sur l'emploi industriel.
La troisième réunion portera sur la communication et la visibilité de nos revendications, avec des propositions de supports et l'éventualité d'un temps fort confédéral. Pour Force Ouvrière, la réindustrialisation suppose des actes, des moyens et une vision de long terme, loin des effets d'annonce. Elle est une condition essentielle pour défendre l'emploi, les territoires, les services publics et l'avenir de notre modèle social.


